Au terme de treize jours d'opérations américano-israéliennes en Iran, Donald Trump a récemment déclaré que l’Iran était "proche de la défaite". Pourtant, les objectifs militaires américains, pour le moins flous, semblent loin d'être atteints. Le gouvernement iranien résiste, continuant ses attaques contre Israël et ses voisins, entraînant une flambée des prix du pétrole, comme l’a récemment rapporté Le Monde.
La question demeure : Donald Trump pourrait-il s'enliser dans cette guerre alors que les élections de mi-mandat approchent ? "L’enlisement est une problématique centrale pour les États-Unis", explique Guillaume Ancel, ancien officier et analyste militaire. L'analyste souligne que l'idée d'une opération militaire rapide a été mise à mal par la réalité du terrain.
Une résistance iranienne insoupçonnée
Au début du conflit, Trump avait indiqué que les opérations se dérouleraient sur quatre à cinq semaines. À présent, les objectifs militaires américains sont toujours obscurs et la situation ne semble guère évoluer. "Le régime ne s’est pas effondré, et l’Iran reste actif dans ses offensives", observe Ancel. Le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, a promis de venger les victimes de la guerre.
"Les États-Unis et Israël sont dans une impasse, ne pouvant pas mener d'opérations au sol intégrales", commente Ancel. Sur le front des opérations, l'Iran fait preuve d'une résilience savamment préparée et exploitant des technologies modernes, tels que des drones.
Les enjeux des élections de mi-mandat
Ancel qualifie la situation actuelle de "course de vitesse" où Trump doit agir rapidement avant les élections de mi-mandat qui auront lieu le 3 novembre. "La guerre est impopulaire, 52 % des électeurs y sont opposés," selon un sondage de NBC. De plus, les coûts économiques sont élevés, avec les dépenses militaires ayant déjà dépassé 11,3 milliards de dollars lors de la première semaine, rapportent plusieurs médias.
Pour éviter un enlisement, Trump pourrait bien choisir de déclarer des victoires stratégiques, indépendamment de la réalité sur le terrain. "Il pourrait opter pour une manœuvre typiquement trumpienne : sortir du conflit en se proclamant vainqueur", conclut Lauric Henneton, spécialiste des États-Unis à l’Université de Versailles. Dans une situation aussi tendue, il apparaît évident que les choix à venir du président américain auront des répercussions bien au-delà des simples clivages politiques.







