Des fidèles de deux grandes religions se sont réunis mercredi à Angers pour célébrer ensemble des moments significatifs de leur spiritualité. Une démarche unique qui met en lumière des points communs entre musulmans et chrétiens.
Alors que le soleil se couchait à 19h06, un groupe d'une douzaine de musulmans a rompu le jeûne en partageant des dattes. Ce rassemblement, organisé une semaine avant la fin du ramadan, a eu lieu dans un tiers-lieu chaleureusement animé par une communauté chrétienne à Angers (Maine-et-Loire). Les murs de la salle de réunion, baignés dans un éclairage tamisé, ont accueilli une trentaine de chrétiens venus participer à cet événement convivial.
“Vous êtes tous invités à découvrir notre prière”, a déclaré Ousmane Kaba, l'initiateur musulman de cette rencontre, juste avant une session de questions-réponses. Les participants ont échangé sur leurs expériences respectives, mettant en lumière les liens entre le carême chrétien et le ramadan, sans oublier les festivités de Pâques et de l'Aïd el-Fitr. D'après l'Insee, ces moments spirituels rassemblent chaque année des millions d'adeptes à travers la France, où les catholiques représentent 29% de la population et les musulmans 10%.
Cet alignement particularisé des deux événements religieux, qui a débuté le 18 février, ne se reproduira pas avant plus de trois décennies. “C'est un signal du Seigneur sur notre fraternité”, a exprimé Ousmane Kaba, révélant que des initiatives similaires émergaient dans plusieurs villes. À Angers, deux événements étaient planifiés, renforçant la solidarité interconfessionnelle.
"On avait bien besoin de ça dans ce monde"
Après un moment de prière islamique, place au repas. Musulmans et chrétiens ont pris part à un buffet soigneusement préparé pour l'iftar, le dîner marquant la fin du jeûne quotidien. Les participants avaient été invités à ramener des plats “halal” pour garantir un repas partagé en toute harmonie. Tartes, gratins et autres spécialités ont constitué un menu diversifié, mariant saveurs et traditions.
Ousmane Kaba a préparé un mafé de poulet, un plat traditionnel à base de beurre de cacahuète. “C'est un plat qui plaît, et il n'est pas très épicé”, se réjouit-il. En tant que seul musulman vivant à proximité dans cet ancien prieuré géré par le mouvement chrétien fondamental Fondacio, il évoque la solitude du ramadan, un “mois béni”. “Pour rompre le jeûne sans être seul, j'invite parfois des amis catholiques à se joindre à moi”, partage-t-il.
"Je ne vois pas nos religions comme une différence, mais comme quelque chose en commun."
Ousmane Kaba, initiateur de la soirée "ramadan et carême"à franceinfo







