Le Kurdistan irakien, où le consulat des Émirats arabes unis a été la cible d'une attaque violente, illustre un climat de tensions grandissantes. Un drone a également frappé un centre pétrolier à Fujairah, augmentant les inquiétudes concernant la stabilité de la région. Face à une escalade des conflits, les pays du Golfe, qui ont bâti leur richesse sur le pétrole et le tourisme, pourraient voir leurs fondations vaciller. Est-ce la fin d'un rêve ?
A Dubaï, un drone a été projeté vers un immeuble résidentiel, tandis qu’un autre a frappé le Koweït. De plus, le détroit d'Ormuz est stratégiquement bloqué, les approvisionnements étant entravés par l'Iran. Ce dernier, par tous les moyens, tente de limiter les économies des pays du Golfe, cherchant à accroître la pression sur leur allié américain. Cependant, cette intensification des conflits pourrait-elle vraiment ébranler le modèle économique de ces nations ?
"Je pense que cette approche basée sur le soft power sera clairement mise à l'épreuve par les pays du Golfe", déclare Frédéric Encel, professeur de géopolitique à Sciences Po. "Bien que ce soit une stratégie attrayante, si ces États ne parviennent pas à défendre leur position lors d'une crise, leur modèle économique risque de tomber à plat."
Pour contrer leur dépendance au pétrole, ces pays cherchent activement à diversifier leurs économies. Par exemple, Dubaï, qui bénéficié d'un essor touristique depuis des décennies, a vu naître des projets audacieux, comme la création d'une patinoire en plein désert en 1980, pour attirer les visiteurs.
Un passé de résilience pour Dubaï
Dubaï ne s'est pas arrêtée là ; dès 2004, l'émirat a commencé une bétonisation massive, créant des îlots luxueux pour la jet set, et construisant des gratte-ciels toujours plus spectaculaires pour séduire les investisseurs. "Dubaï se distingue par sa vision unique, ce qui lui confère une avance de vingt ans sur ses concurrents", affirmait Didier Boussemart, ancien directeur d'AXA Moyen-Orient, en février 2006.
La fiscalité attrayante de Dubaï, sans impôt sur le revenu et des taxes sur les sociétés très réduites, offre encore des perspectives, mais tout dépend de la durée des conflits actuels. Cécile Chamaret, professeure à l'École polytechnique, estime que "ces pays ont déjà fait face à d'autres crises", évoquant la crise financière antérieure. "Leurs cycles économiques sont beaucoup plus dynamiques que ceux que l'on observe en Europe." Ainsi, alors que la guerre continue de frapper ces pays aux mille et une nuits, l'avenir de leur modèle pourrait bien se réduire à l'état de mirage.







