Les autorités colombiennes ont annoncé mercredi l'arrestation d'Angel Aguilar, un narcotrafiquant équatorien, pressenti comme commanditaire du meurtre à Quito, au mois d'août 2023, du candidat à la présidence, Fernando Villavicencio.
M. Villavicencio, un ancien reporter déterminé à combattre le narcotrafic et la corruption, a été abattu alors qu'il quittait un meeting de campagne à Quito, juste avant le premier tour de l'élection présidentielle où il était l'un des favoris.
Aguilar, surnommé "Lobo Menor", a été intercepté à son arrivée à l'aéroport de Bogotá sur un vol en provenance du Mexique, a déclaré à l'AFP un porte-parole des autorités migratoires colombiennes.
Cet individu fait partie de Los Lobos, la principale organisation de trafic de drogues en Équateur. L'enquête en cours vise à établir son rôle présumé en tant que commanditaire dans l'assassinat de Villavicencio, comme l’a mentionné l'autorité migratoire dans un communiqué, accompagné de photos d'Aguilar menotté.
Les autorités mexicaines ont confirmé, dans leur propre communiqué, l'arrestation d'Aguilar, grâce à la coopération des services de renseignement de la police nationale colombienne.
Le président colombien, Gustavo Petro, a exprimé sa satisfaction sur X concernant cette capture, qualifiant Aguilar de "l'un des plus grands assassins au monde". "Ce succès démontre l'efficacité de la coopération trilatérale entre la Colombie, l'Équateur et le Mexique", a-t-il ajouté.
Cette arrestation intervient à un moment où les relations diplomatiques entre l'Équateur et la Colombie sont tendues. Récemment, M. Petro a accusé le gouvernement équatorien, dirigé par Daniel Noboa, d'avoir bombardé un territoire colombien proche de la frontière, une accusation que Quito a fermement rejetée.
En juillet 2024, la justice équatorienne avait déjà condamné plusieurs personnes à des peines allant jusqu'à 34 ans de prison pour leur implication dans le meurtre de Villavicencio.
L'exécution des tirs ayant causé la mort du candidat a été réalisée par un tireur abattu sur place par ses gardes du corps. Six suspects de nationalité colombienne, arrêtés quelques heures après le drame, ont été assassinés en prison deux mois plus tard.
Angel Aguilar avait été condamné en Équateur à 20 ans de prison pour homicide en 2013. Cependant, après avoir purgé la moitié de sa peine, un juge lui a accordé une liberté conditionnelle en 2022. Les autorités affirment qu'il aurait utilisé cette libération pour recommencer à commettre des délits, y compris au-delà des frontières.







