La surpopulation carcérale en France atteint des sommets inédits, avec plus de 88 000 détenus recensés. Face à cette situation désespérée, le gouvernement intensifie une politique d'expulsion des étrangers en prison, enregistrant une hausse impressionnante de 70 % entre 2024 et 2026, selon des données rapportées par Europe 1.
Expulsions en hausse : un levier assumé par le ministère de la Justice
Cette initiative s'inscrit dans la ligne politique de Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, qui fait de l'éloignement des détenus étrangers un axe prioritaire pour désengorger les établissements pénitentiaires. Parmi les mesures clés, la libération conditionnelle avec expulsion (LC-expulsion) se distingue : elle permet à certains étrangers de reprendre leur liberté, à condition de retourner dans leur pays d'origine. En 2025, environ 1 500 détenus ont bénéficié de ce dispositif, contre un peu plus de 1 100 l'année précédente, et le phénomène devrait se renforcer en 2026.
Pour optimiser cette stratégie, l'État a renforcé l'anticipation dès le prononcé des peines et a amélioré la coordination entre la justice, la police et l'administration pénitentiaire. Une cellule nationale dédiée a également été créée pour fluidifier les démarches administratives. Ces mesures ont conduit à des expulsions plus rapides et, parfois, organisées en groupe, tout en renforçant la coopération avec plusieurs pays européens, notamment la Roumanie et le Portugal.
Une stratégie qui ne suffit pas à désengorger les prisons
Actuellement, plus de quatre détenus étrangers sur dix font l'objet d'une mesure d'éloignement. "Les résultats sont là," souligne une source proche du dossier, confirmant l'élan donné par le ministre grâce à des ressources humaines et juridiques renforcées. Cependant, cette approche ne résout pas la crise persistance des prisons. La surpopulation entraîne des tensions quotidiennes, tant pour les détenus que pour le personnel pénitentiaire. Face à cette situation considérée comme intenable, des syndicats envisagent des actions de protestation pour alerter l'opinion publique sur l'urgence de la crise carcérale.







