"Dans les prochains jours" avance Téhéran, tandis que Donald Trump insiste pour dimanche. Un accord entre les États-Unis et l'Iran semble à portée, mais la prudence s'impose. "L'accord doit être signé demain [dimanche] et, une fois ratifié, le détroit d'Ormuz sera OUVERT À TOUS", a-t-il déclaré sur son réseau Truth Social, comme le rapporte le Jerusalem Post. Les analystes évoquent des précédents incertains : "Nous avons déjà vécu des situations similaires ; on annonce un accord, mais cela échoue à la dernière minute", a commenté Ross Harrison, chercheur au Middle East Institute, dans une interview à Al-Jazeera.

Les affirmations de Trump trouvent un écho dans les propos du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, qui sur X a mentionné : "Nous sommes plus proches que jamais d'un accord de paix. Sa finalisation est attendue dans les prochaines 24 heures, et le Pakistan se prépare à la signature électronique qui suivra des discussions techniques la semaine prochaine", rapporté par le journal Dawn. Ce rôle de médiateur occupé par le Pakistan a été souligné par le ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghchi, évoquant un "protocole d'accord d'Islamabad".

Depuis Téhéran, le journaliste de Al-Jazeera, Mohamed Vall, reste prudent : "Les Iraniens n'ont pas confirmé qu'ils signeraient [dimanche], ni que les dirigeants ici avaient donné un soutien officiel à l'accord. Des questions demeurent, tant que le protocole d'accord n'est pas public, nous observerons des divergences entre les versions américaine et iranienne".

Des manifestations hostiles à l'égard du ministre des affaires étrangères ont eu lieu à Machhad, où des dizaines de personnes, dont de nombreuses femmes, ont appelé à sa démission.

Doutes israéliens

Les tensions demeurent quant au futur contrôle du détroit d'Ormuz et au programme nucléaire iranien. Pendant que Trump décrit l'accord potentiel comme un "MUR CONTRE L'ARME NUCLÉAIRE", le gouvernement israélien exprime des réserves, craignant que les États-Unis ne parviennent pas à amener l'Iran à abandonner ses stocks d'uranium enrichi, comme l'a rapporté Ha'Aretz.

Certains responsables israéliens s'inquiètent également du calendrier des négociations, avertissant que les 60 jours impartis pour un accord définitif pourraient favoriser des manœuvres diplomatiques iraniennes. "Israël a eu une influence limitée sur le processus de négociation", souligne un responsable, une observation que des politiciens, comme Yaïr Lapid, utilisent contre le Premier ministre Benyamin Nétanyahou en affirmant : "Nous devenons un État client, recevant des ordres sur notre sécurité nationale".