Ce samedi 28 mars, le conseil municipal de Villeneuve-d'Ascq s'est réuni, servant de première occasion pour les élus de discuter post-élections. Sous la présidence de Gérard Caudron, élu sur la liste de Sylvain Estager, la séance s'est déroulée dans une atmosphère électrique.
Après une proclamation du vote qui a vu Sylvain Estager obtenir 34 voix contre 6 pour Ugo Bernalicis, les discussions ont rapidement pris une tournure houleuse. La tension a grimpé lorsque le député LFI a demandé la parole pour expliquer sa candidature, demande initialement rejetée par Gérard Caudron.
"Continuez et je vous fais expulser!"
Après un rappel à l'ordre de Bernalicis, l'ancien maire a fini par lui accorder la parole. Toutefois, Gérard Caudron a interrompu plusieurs fois le député alors qu'il exposait ses priorités, notamment en matière de logement. "Vous n'êtes pas en campagne électorale, vous n'avez pas le droit de refaire vos discours", a-t-il martelé.
"J'ai le droit de prendre la parole et ma parole est libre. Vous n'êtes plus le monarque de cette ville, monsieur Caudron", a réagi Bernalicis, suscitant des huées parmi le public.
La réponse de Gérard Caudron a été cinglante : "Continuez et je vous fais expulser! On n'est pas avec Mélenchon". Face à cette attaque, l'élu insoumis lui a rétorqué : "Allez-y, faites-le!".
Quatre décennies à la tête de la ville
Les tensions sont restées palpables après l'intervention de Bernalicis. À la fin de son discours, Caudron l'a accusé de mensonge, avant de lui lancer avec véhémence : "Pauvre type! Vous êtes vraiment un pauvre type!". Cette escalade verbale illustre bien le fossé qui existe entre les deux hommes, selon un observateur de France 3.
"Visiblement laisser la parole à l'opposition n'était plus dans les habitudes de l'équipe sortante depuis un bon moment...", a dénoncé Bernalicis via Twitter, affirmant avoir enduré des insultes de la part de Caudron en l'absence de microphone.
Gérard Caudron, à la tête de Villeneuve-d'Ascq pendant plus de quarante ans, n'a pas représenté lors de ces élections. Sa carrière s'est clôturée de manière tumultueuse, alors que Sylvain Estager est arrivé en tête d'une quadrangulaire, obtenant 33,93 % des voix. Il a précédé Vincent Baledent (DVD, 25,65 %), Ugo Bernalicis (LFI, 22,49 %), et Pauline Ségard (Les Écologistes - PS, 17,94 %), cette dernière ayant refusé une alliance avec le député insoumis.







