Non, ce n'est pas l'idée de tonifier ses abdos qui pousse les masculinistes à fantasmer sur le Pilates. En effet, derrière la popularité croissante de cette pratique se cache un phénomène qui révèle une nouvelle réalité masculiniste. Le terme « Pilates » ne fait plus seulement référence à une méthode de détente, mais à un stéréotype féminin spécifique.
D'où vient cette obsession pour le Pilates ?
Dans l’émission « Love Is Blind », un candidat a révélé sans hésitation qu'il privilégiait les femmes qui « font du Pilates tous les jours ». Cette déclaration, rapportée par The Atlantic, illustre une forme de misogynie contemporaine.
Une autre situation vient confirmer cette tendance. Dans un récent podcast, Jessi Draper, une star de la télé-réalité, a partagé ses expériences de violences psychologiques, dont une exigence d’exercer le Pilates quotidiennement. Cette pression pour se conformer à une image féminine spécifique se retrouve également sur les réseaux sociaux, où l’on voit des créateurs masculins encourager l’idée : « Si votre copine fait du Pilates, épousez-la immédiatement », comme l’a déclaré @christianb.23.
Conception rigidifiée du féminin
Comme l’indique 19th News, le mot « Pilates » est devenu un code pour désigner la « femme idéale », jolie, docile, alignée avec les valeurs traditionnelles. La professeure Mariel Barnes, interrogée par 19th News, explique que cette vision participe à un système de normes rigides où la femme est soumise et au foyer.
Bryony Claire, observatrice des tendances masculinistes, souligne que le « concept de 'Pilates princess' » devient un moyen de trier les « femmes de valeur », un parallèle inquiétant avec les « tradwives », qui s’attachent à des rôles féminins rétrogrades. Elle affirme que cela participe à créer une image de femmes plus petites, renforçant la supériorité masculine.
Alerte sur les signaux
Mariel Barnes évoque encore comment le mot « Pilates » devient un langage de code. Son utilisation peut alerter sur des intentions, notamment sur des applications de rencontre où le fait de qualifier une femme de « Pilates girl » pourrait être un red flag. L'importance accordée à une pratique sportive doit avant tout être une question de bien-être personnel, et non une obligation pour satisfaire un idéal masculin.
En définitive, cette tendance soulève des interrogations sur les rôles de genre contemporains et les valeurs véhiculées par les stéréotypes associant le Pilates à des normes de beauté et de comportement. Ce n'est plus seulement un exercice, mais une métaphore de la lutte des sexes dans le monde moderne.







