Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a révélé, le 9 juillet, un état alarmant des nappes phréatiques en France, particulièrement en Corse-du-Sud. Bien que l’île ait bénéficié d’un hiver exceptionnellement humide, les niveaux d’eau souterraine demeurent inférieurs aux normes saisonnières.
Selon le rapport du BRGM, 63 % des nappes phréatiques affichent des niveaux anormalement bas, impactant notamment l’ouest de l’île et l’Extrême-Sud. Cette situation soulève des préoccupations quant à la disponibilité de l'eau potable dans les semaines à venir.
Une recharge hivernale insuffisante
Le déficit d'eau depuis mars est la principale cause de cette problématique. Bien que la recharge hivernale ait été positive d'octobre à février, elle n'a pu compenser les trois mois de pluviométrie déficitaire, comme l’explique Laureen Nacimento, hydrogéologue au BRGM : "La situation devient préoccupante. Les eaux souterraines en Corse, bien que liées à la météo, souffrent de mois consécutifs de déficit pluviométrique malgré une bonne recharge hivernale."
Les zones les plus touchées incluent le nord d'Ajaccio, en particulier la microrégion de Spelunca-Liamone, ainsi que des secteurs comme Baracci, Bonifacio et Porto-Vecchio, selon les experts du BRGM.
Risques pour l'approvisionnement en eau potable
Alors que la période estivale se profile, les besoins en eau vont inévitablement augmenter. Le BRGM avertit que cette baisse des niveaux d'eau pourrait limiter la production d'eau potable de certains captages. Nacimento souligne : "Nous pourrions faire face à des risques quantitatifs concernant l'eau potable, limitant les capacités de production des zones de forage."
Un autre aspect inquiétant concerne le risque d'intrusion saline dans les aquifères côtiers, un phénomène pouvant polluer certaines ressources stratégiques. "La réduction des apports d'eau douce entraînera inévitablement la remontée de l'eau salée," avertit Nacimento, évoquant des conséquences potentielles sur la qualité de l’eau.
Si les conditions climatiques ne s'améliorent pas, ce phénomène pourrait affecter gravement la gestion de l'eau sur le littoral corse, ce qui nécessite une vigilance accrue de la part des autorités et des citoyens.







