Alors que les tentatives de fraude à l'encontre des entreprises explosent, les dirigeants s'alarment face à l'utilisation croissante de l'IA et des deepfakes.
Les fraudes visant les entreprises se répandent comme une traînée de poudre. Selon le rapport 2026 publié par Allianz Trade, relayé le 16 juin par BFMTV, plus de la moitié des entreprises de taille intermédiaire et grande ont observé une augmentation de ces actes malveillants au cours de l'année écoulée.
Globalement, 60 % des PME et 85 % des entreprises de taille intermédiaire et grande rapportent avoir été confrontées à au moins une tentative de fraude. Les fraudes liées à des faux fournisseurs ou clients, souvent accompagnées de faux relevés d'identité bancaire, dominent ce paysage inquiétant, suivies des fraudes réalisées au nom de faux dirigeants. L'enquête met également en évidence une augmentation du risque proportionnelle à la taille de l'entreprise.
L'IA, nouveau levier pour les escrocs
L'angoisse grandit avec l'avancement de l'intelligence artificielle. D'après le rapport, 76 % des dirigeants pensent que l'IA amplifie le risque de fraude, notamment grâce à des deepfakes audio et vidéo. Ces technologies permettent aux fraudeurs de reproduire des voix et des visages, rendant leurs sollicitations davantage crédibles et difficiles à détecter.
"Les escrocs se professionnalisent et exploitent les vulnérabilités, qu'elles soient technologiques ou organisationnelles," explique Ilan Daian, responsable de l'Assurance Fraude chez Allianz Trade en France, dans une interview à BFMTV. Il souligne que le risque est désormais "réel, mesurable et potentiellement dévastateur" pour la santé financière des entreprises.
Parmi les entreprises touchées, 85 % ont subi des pertes financières au cours des douze derniers mois. Dans deux tiers des cas, ces pertes sont inférieures à 10 000 euros. Cependant, face à cette situation alarmante, la préparation des entreprises varie considérablement : 92 % des entreprises de taille intermédiaire et grande se jugent bien équipées, tandis que seulement 76 % des PME et 61 % des très petites entreprises partagent ce sentiment. À peine 30 % des entreprises ont souscrit une assurance contre le risque de fraude, et 16 % n'ont mis en place aucun dispositif de prévention.







