Le projet d'aménagement des Salins de Frontignan, lancé en mai dernier, vient de s'achever avec succès. Une inauguration est prévue pour début juillet, invitant les visiteurs à explorer cette zone naturelle d'exception.
Les Salins de Frontignan, qui s'étendent sur 280 hectares entre le bois des Aresquiers et l'étang d'Ingril, se distinguent par une biodiversité remarquable. En effet, on y trouve un riche écosystème comprenant des zones humides, des lagunes, mais aussi des pelouses sèches, et pas moins de 340 espèces végétales et animales recensées. This achievement enrichit la mosaïque des lieux de mémoire en France.
Comme l’a souligné Pierre Nora, historien, "les lieux de mémoire sont des traces du passé". Les Salins de Frontignan s'inscrivent parfaitement dans ce continuum, avec des vestiges de l’activité salinière encore présents. Florence Dessales, responsable de mission au Conservatoire du littoral, remarque que ces éléments renforcent le caractère unique de ce site.
De musée traditionnel à parcours d’interprétation
Pour mettre en valeur ce patrimoine, l'idée d'une maison de la nature a été envisagée. Cependant, les contraintes techniques, telles que l'absence de réseaux d’eau et d’électricité, ainsi que des problématiques d’accès, ont conduit à reconsidérer le projet. La montée du niveau de la mer en raison du changement climatique complique aussi les perspectives d'aménagement.
A la place de construire de nouveaux bâtiments, un parcours extérieur d'interprétation a été proposé. Ce dernier comprend huit stations scénographiques, dont des tables d’orientation et des espaces dédiés à la contemplation du paysage sans technologie intrusive comme des QR codes, comme l’indique Sandrine Lafont, responsable des espaces naturels pour l'agglomération de Sète.
Les bâtiments comme mémoires visibles
Trois bâtiments historiques ont été préservés sans fonction spécifique, leur présence sur le site est avant tout mémorielle. Des silhouettes en fer forgé représentant des figures liées à l'histoire salinière ornent leurs façades. "L'un des bâtiments accueillera un espace d'observation" explique Florence Dessales.
Une vision partagée par les acteurs écologiques
Pierre Maigre, président de la LPO Occitanie, se dit satisfait des travaux réalisés sur les bâtiments, mais regrette leur intégration limitée dans le projet muséographique. "Il est dommage que ces lieux ne soient pas davantage utilisateurs pour des expositions. Cela représente une opportunité manquée".
Le parcours muséographique invite également les visiteurs à réfléchir sur le futur du site, notamment face aux enjeux de changement climatique. "Nous avons conçu cette scénographie pour que les gens s'interrogent sur l'histoire de ce lieu et sur les impacts futurs des activités humaines" conclut Sandrine Lafont.
Le projet a bénéficié d'un budget de 95 800 euros TTC, partagé entre l'agglomération de Sète et le Conservatoire du littoral. Dès à présent, le site est ouvert au public, prêt à offrir une expérience riche et immersive.







