Qui est éligible aux allocations journalières ?
Les allocations journalières visent à compenser la perte de revenus engendrée par la réduction ou l'arrêt temporaire d'une activité professionnelle pour s'occuper d'un proche. Ces aides s'adressent aux :
- Salariés,
- Travailleurs indépendants,
- Demandeurs d’emploi,
- Fonctionnaires sous certaines conditions.
Pour bénéficier de cette allocation, il est nécessaire qu'un proche soit reconnu comme dépendant ou qu'un enfant ait besoin d'une attention continue, ce qui doit être validé par un certificat médical.
L'AJPA (Allocation Journalière du Proche Aidant)
Elle s’applique aux aidants responsables d’un parent, d’un conjoint, d’un frère, d’une sœur ou d’un enfant majeur en situation de dépendance, que ce soit à cause de l’âge, d’un handicap ou d’une maladie grave. L’aidant a la possibilité de prendre un congé dédié ou de percevoir l'AJPA tout en travaillant, sous condition.
L'AJPP (Allocation Journalière de Présence Parentale)
Celle-ci est réservée aux parents ou aux tuteurs d'enfants gravement malades ou en situation de handicap, nécessitant une attention constante. Elle est versée lors d'un congé parental accordé après examen d'un dossier.
Ce qui change au 1er avril 2025 : une hausse de 2 %
À compter du 1er avril 2025, les montants journaliers de ces allocations connaîtront une augmentation de 2 %, reflétant l'augmentation du coût de la vie.
| Type d’allocation | Montant brut jusqu'au 31 mars 2025 | Montant brut à partir du 1er avril 2025 |
|---|---|---|
| AJPA | 64,54 € | 65,83 € |
| AJPP (taux plein) | 64,54 € | 65,83 € |
| AJPP (parent isolé ou situation particulière) | 76,13 € | 77,65 € |
Cette revalorisation permettra aux bénéficiaires d’obtenir environ 1,30 € de plus par jour, ce qui équivaut à près de 29 € supplémentaires pour un mois de 22 jours indemnisés.
Plafonds et durées maximales des versements
Il est important de noter que ces aides ne sont pas infinies. Voici les plafonds actuels :
AJPA :
- 66 jours indemnisés par proche aidé durant toute la carrière, avec possibilité de fractionnement.
- Conditionnement du versement à une réduction ou à un arrêt d'activité.
AJPP :
- 310 jours indemnisés sur une période de trois ans, renouvelable sous conditions médicales.
- Versement à un seul parent à la fois, sauf cas particuliers.
Ces limites posent questions, surtout en cas de dépendance prolongée, car aucune indemnité supplémentaire n'est prévue au-delà de ces plafonds.
Comment faire une demande ?
Pour faire une demande d’allocation journalière, il est nécessaire de s'adresser à la CAF (Caisse d’Allocations Familiales) ou à la MSA pour les assurés agricoles. Une demande doit être accompagnée de :
- Un certificat médical du proche nécessitant des soins,
- Une déclaration attestant d'une réduction ou d'un arrêt d'activité (pour l’AJPA),
- Une attestation de l’employeur pour les salariés.
Les délais de traitement peuvent varier, mais la rétroactivité s'applique à la date d'origine du congé justifié.
Une aide souvent méconnue et sous-utilisée
Malgré son importance, l’AJPA n'est que rarement demandée. En 2023, moins de 20 000 ayants droit l’ont sollicitée, alors que des millions d’aidants pourraient espérer cette assistance. Les raisons principales en sont :
- Une méconnaissance du dispositif,
- La complexité des démarches,
- Des craintes de perdre des droits liés à l'emploi ou à la retraite,
- Un manque de soutien pour la constitution des dossiers.
Du côté de l’AJPP, la situation est légèrement plus favorable grâce à des relais dans les hôpitaux, mais beaucoup de familles ignorent qu'elles peuvent bénéficier d'une aide financière compensant leur arrêt de travail temporaire.
Un soutien qui tarde à se généraliser
Les associations d’aidants plaident pour une meilleure indemnisation et une reconnaissance accrue de leur rôle au sein de la société. Actuellement, ni l’AJPA ni l’AJPP ne couvrent totalement les besoins économiques des familles touchées par la dépendance.
La revalorisation de 2 % attendue au 1er avril 2025, bien qu'importante, reste limitée face aux défis quotidiens que rencontrent les aidants souvent confrontés à un équilibre précaire entre travail, soins et démarches administratives.
Il est donc impératif de renforcer l’accès à l’information, de simplifier les procédures et, à long terme, de repensar le statut des aidants afin de mieux protéger ceux qui consacrent leur vie à prendre soin des autres.







