L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a récemment publié une analyse soulignant les "impacts significatifs" de la guerre au Moyen-Orient sur le marché pétrolier mondial. Malgré un accord entre les États-Unis et l'Iran, l'AIE envisage une baisse considérable de la demande de pétrole, ne prévoyant un retour à la normale qu'à partir de 2027.
Les prévisions de l'AIE indiquent une diminution de 1,1 million de barils par jour d'ici 2026, une révision presque triplement plus importante que ses estimations précédentes. En février, l’AIE espérait un retour à des niveaux de demande plus stables dès l'été prochain, mais la réalité actuelle présente de sombres perspectives.
Les premiers chiffres du deuxième trimestre 2026 révèlent une chute d'environ 5% des livraisons de pétrole par rapport à l'année précédente, attribuée à l'augmentation des prix du carburant et aux difficultés d'approvisionnement consécutives aux troubles au Moyen-Orient. La guerre a entraîné le blocage du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour environ 20% de la production pétrolière mondiale.
Ce recul marquerait le premier déclin trimestriel depuis 2020, selon les révélations de l'AIE. Fait préoccupant, la diminution de la demande s’accompagne d'une érosion rapide des réserves, en particulier dans les pays de l'OCDE, où les niveaux de stockage sont désormais au plus bas depuis 1990. Comme le souligne une analyse du journal Le Monde, la réduction des réserves précipite une vulnérabilité accrue des marchés énergétiques.
Si la demande faiblit, l’offre mondiale est quant à elle encore plus réduite, avec une production tombant à 94,5 millions de barils par jour en mai, soit une baisse de 12,5% par rapport aux niveaux d’avant la guerre. Ainsi, les stocks mondiaux ont diminué d'environ 220 millions de barils en avril et mai, suggérant des tensions persistantes sur le marché.
L'AIE avertit également que d'éventuelles nouvelles diminutions pourraient ramener les réserves à des niveaux historiquement bas, avant que le marché ne bascule vers un excédent d'ici la fin de l'année. Pour contrer cette tendance, les 32 membres de l'AIE ont convenu en mars de libérer 426 millions de barils, une décision sans précédent visant à stabiliser les marchés.
L'accord entre États-Unis et Iran, qui pourrait débloquer le passage d'Ormuz, est perçu par l'AIE comme une opportunité pour un rebond, mais les "contraintes opérationnelles et politiques" laissent planer une incertitude quant à l'avenir immédiat.
Fatih Birol, le directeur de l'AIE, a appelé à une "ouverture totale du détroit d'Ormuz" pour surmonter cette crise énergétique mondiale, qui pousse déjà de nombreux pays à revoir leurs politiques énergétiques. Il a souligné que même si les prix reviennent à des niveaux antérieurs, cette crise aura des répercussions durables sur le secteur.
En 2024, l'AIE prévoit une modeste augmentation de la demande, estimée à 2 millions de barils par jour, mais un rebond substantiel de l'offre à hauteur de 8 millions pourrait offrir un "répit bienvenu" au secteur tout en permettant de reconstituer les réserves.







