À l'approche des élections municipales qui se tiendront les 15 et 22 mars prochains, 68 communes de France se retrouvent sans candidats, un chiffre en nette diminution par rapport aux 106 communes de 2020. Cette situation, bien que préoccupante, indique une certaine amélioration dans le paysage électoral, selon des sources du Parisien.
Ces communes, pour la plupart rurales, incluent Rothau, dans le Bas-Rhin, où le maire sortant, Marc Sheer, a décidé de ne pas se représenter après 22 ans de mandat. À 77 ans, il estime que le moment est venu de céder la place. "Je ne veux pas finir comme Joe Biden, à perdre le fil de mes pensées", a-t-il déclaré à l'AFP, illustrant les épreuves auxquelles sont confrontés de nombreux maires âgés, souvent appelés à quitter leur poste sans successeur.
La problématique touche quasi toutes les régions métropolitaines, à l'exception notable de la Corse. Les départements de l'Est, comme le Doubs et la Haute-Saône, affichent un plus grand nombre de communes concernées. Le Doubs compte cinq communes sans candidats, tout comme la Haute-Saône. Paradoxalement, le durcissement des règles pour la constitution des listes n'a pas dissuadé le nombre de candidatures, qui demeure plus élevé qu'en 2020.
Les nouvelles lois stipulent qu'il est impératif d’atteindre la parité hommes-femmes, même dans les communes de moins de 1 000 habitants. Cela a inquiété beaucoup d'élus ruraux, mais semble avoir porté ses fruits. Les démissions de maires, qui ont atteint un niveau record de près de 2 200 depuis 2020, ajoutent une couche de complexité à cette situation.
Que se passe-t-il en l'absence de candidats ?
Lorsque le mandat en cours prend fin pour ces 68 communes, un comité transitoire nommé par le préfet prendra temporairement le relais. Cette équipe, composée de trois membres dans les communes de moins de 35 000 habitants, sera responsable de la gestion administrative jusqu'à ce qu'un nouvel élu soit désigné. Toutefois, cette délégation doit se limiter à des décisions d'urgence, sans pouvoir gérer les affaires courantes au même titre qu'un conseil municipal.
Si la situation ne change pas lors du prochain scrutin, les élections pourraient être repoussées encore et encore, jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée, laquelle pourrait même aboutir à une fusion avec une commune voisine. À noter que le mandat futur, initialement prévu pour six ans, pourrait être prolongé afin d'éviter un chevauchement avec les élections présidentielles de 2032.







