À quelle mesure peut-on faire confiance aux applications numériques pour identifier les champignons lors de récoltes automnales ? Nous avons interrogé Jean-Philippe Rioult, maître de conférences en botanique et mycologie à l'Université de Caen Normandie.
Cette année, la saison des cueillettes a débuté plus tôt que prévu. Cependant, il est essentiel d'exercer une certaine vigilance. Comme souligne l'Agence de sécurité alimentaire (Anses), des erreurs d'identification peuvent avoir des conséquences graves. En 2021, quatre décès ont été signalés en raison de la confusion entre une espèce comestible et une espèce toxique.
Prudence lors de la cueillette
Pour éviter les intoxications, il est conseillé de ne récolter que les champignons que l'on connaît bien et de les faire identifier dans une pharmacie. Une autre option serait d'utiliser une application de reconnaissance.
Des applications comme IK Champi, Champignons Pro ou Champignouf se présentent comme des alliées pour les cueilleurs. Mais, selon Jean-Philippe Rioult, leur efficacité est discutable.
Des tests peu concluants
“Nous avons testé plusieurs applications avec les étudiants, et les résultats ne sont pas satisfaisants. Une fois sur deux, elles se trompent”, indique l’expert.
Ce problème réside dans les variations morphologiques des champignons au sein d’une même espèce. Jean-Philippe Rioult recommande de ne pas avoir une confiance aveugle en ces technologies. Pour mieux s'informer, il est préférable de se rendre aux expositions organisées par des sociétés mycologiques et de suivre des mycologues sur le terrain. De plus, consulter des ouvrages de référence de spécialistes comme Marcel Bon ou Régis Courtecuisse est conseillé.
En cas de doute, ne ramassez pas !
Que faire si vous vous trouvez en sous-bois sans avoir étudié les champignons au préalable ? La règle d'or est de ne rien ramasser si le moindre doute subsiste sur l'identité d'un champignon. “Il vaut mieux ne pas cueillir ni consommer si vous n'êtes pas sûr. Évitez de toucher votre visage avec les mains après manipulation.”
Si vous avez des doutes, n’hésitez pas à faire vérifier vos trouvailles par un mycologue ou un pharmacien formé en mycologie.
Petit conseil : tout champignon avec des lames blanches et libres, un anneau blanc et une volve blanche ou roussâtre est à éviter ; il pourrait s'agir de l'amanite mortelle.







