Nouveau rebondissement dans l’enquête relative à l’incendie tragique de Crans-Montana. Ce vendredi 5 juin, Jacques et Jessica Moretti, gérants du bar Le Constellation, ont été interpellés lors de leur audition par le ministère public du Valais. Les enquêteurs leur ont soumis des échanges de SMS trouvés sur leurs téléphones, suscitant des interrogations quant à leur conscience des dangers liés à la mousse acoustique à l'origine de la catastrophe, qui a fait 41 morts et 115 blessés lors de la nuit du Nouvel An.
D'après les témoignages recueillis, le couple a été questionné autour de messages impliquant leurs employés, qui pourraient indiquer une connaissance des risques liés à la sécurité. Au cœur de ces discussions, un échange entre Jacques Moretti et un salarié se concentrait sur une porte de secours : "si la porte de secours du Constellation en face des toilettes est toujours bloquée ?" À quoi l'employé aurait répondu : "Oui, la porte est toujours bloquée ! […] on en avait parlé et non, on ne laisse pas les portes ouvertes".
Pour les enquêteurs, ce message semble indiquer que cette issue de secours était régulièrement expédiée, renforçant les soupçons quant à la gestion des risques dans l'établissement. Jacques Moretti a néanmoins défendu son propos, en précisant que "bloquée" signifiait en réalité que la porte devait être maintenue ouverte.
Des feux de Bengale et une mousse inflammable
Un autre message mis en avant durant cette audience a retenu toute l’attention : il concernait des feux de Bengale utilisés lors de certaines soirées, marquant le début de l’embrasement de la mousse acoustique installée au plafond. Jessica Moretti aurait écrit à un membre du personnel : "S’ils veulent des scintillants faites très attention, restez jusqu’à ce que le scintillant s’éteigne car s’il tombe, sur le canapé ou le sol et crame la mousse au plafond, le Constellation brûle…".
Cet échange a suscité de vives réactions parmi les avocats présents, certains estimant qu'il pourrait suggérer que la cogérante était consciente des dangers liés à l'inflammabilité de la mousse en polyuréthane. Toutefois, Jacques et Jessica Moretti ont nié cette interprétation, clamant que leurs commentaires relevaient du second degré, sans véritable inquiétude sous-jacente.
Nouvelles accusations de faux
Ce même jour, une accusation supplémentaire a été ajoutée à l’encontre de Jessica Moretti. L’enquête a révélé qu’elle serait soupçonnée d’avoir créé et transmis un document falsifié, présenté comme une facture d’achat de la mousse acoustique impliquée dans l’incendie. Lors de son audition, elle a admis avoir modifié le document à l’aide du logiciel Paint. "Un devis est devenu une facture, la date a été modifiée", a-t-elle déclaré, ajoutant à la complexité de l'affaire selon les rapports de RTL. Cette affaire soulève de nombreuses questions sur la responsabilité des gérants dans la gestion des normes de sécurité dans leur établissement.







