L'un des principes essentiels du jardinage, particulièrement en permaculture, est de ne jamais laisser la terre à nue. Pour cela, chacun utilise son propre paillage, omniprésent dans les potagers et jardins d'ornement. Si le paillage offre de multiples bénéfices, il présente également quelques inconvénients, car certaines plantes n’apprécient pas ce type de couverture. Il est donc crucial de choisir judicieusement son paillage, qu'il soit organique ou minéral, comme l'ardoise.
À quoi sert le paillage ?
On peut s'interroger sur les termes à utiliser : paillis ou paillage ? Le paillis désigne le matériau utilisé pour le paillage, une pratique que les Anglais appellent mulch. Alors qu'un paillis traditionnel se faisait avec de la paille, il inclut aujourd'hui divers matériaux organiques comme minéraux.
En observant notre environnement, on remarque que les sols sont généralement couverts de végétation, de rochers et de débris, sauf dans les terrains cultivés. Cela contrarie l自然, c'est pourquoi le jardinier recourt au paillage qui présente plusieurs avantages :
- Réduction du désherbage : Les mauvaises herbes ont peu de chances de germer sous la couverture, ce qui limite leur croissance.
- Économie d'eau : La couverture diminue l'évaporation et réduit les besoins en arrosage.
- Protection contre l'érosion : Celle-ci est minimisée, permettant à l'eau de pluie de s'infiltrer plus en profondeur.
- Stabilité thermique : Le sol paillé maintient une température plus constante pour les racines, que ce soit en période de sécheresse ou de gel.
- Amélioration du sol : Un paillis organique se transforme progressivement en humus, enrichissant ainsi le sol.
- Préservation des récoltes : Les fruits et légumes restent propres et ne pourrissent pas au contact de l'humidité du sol.
Cependant, un inconvénient majeur apparaît : les limaces et autres gastéropodes adorent les dépôts organiques et s’y rassemblent en grand nombre. Il est donc nécessaire de mettre en place des barrières pour les éloigner. De plus, certains oiseaux, comme les merles, peuvent tout déterrer à la recherche d'insectes.
Mais alors, le paillis d'ardoise, un matériau strictement minéral, pourrait-il résoudre ces problèmes tout en conservant les avantages de la couverture ?
Le paillis d'ardoise : Un choix judicieux dans certains contextes
Le paillis d'ardoise, issu des chutes de cette roche métamorphique, présente quelques atouts esthétiques : sa couleur gris foncé bleuté et son apparence lisse apportent une touche décorative. Utilisé autour des plantes, il inhibe le développement des mauvaises herbes et limite l'évaporation tout en favorisant la vie biologique en dessous.
Un des principaux avantages de ce paillis est son effet dissuasif sur les oiseaux qui, n’ayant aucun intérêt à le gratter, ne le dispersent pas. De plus, il se réutilise à volonté, puisqu'il ne se décompose pas comme un paillis organique. Contrairement à d'autres matériaux, l'ardoise résiste également au gel.
En potager, la couleur foncée de l'ardoise permet de réchauffer rapidement le sol, favorisant ainsi le démarrage précoce des semis. Les paillis minéraux tels que l'ardoise, le gravier ou la pouzzolane s'emploient idéalement dans les allées, les rocailles, les jardins alpins, ou au pied des rosiers.
Les limites du paillis d'ardoise
Cependant, quelques précautions s'imposent. Le paillis d'ardoise étant un matériel inerte, il ne contribue pas à la fertilisation du sol. Ce dernier favorise un réchauffement prématuré au printemps, mais en été, il peut créer des îlots de chaleur, absorbant une chaleur considérable qui nuit à certaines cultures.
Dans un souci écologique, il est déconseillé de placer un feutre géotextile en dessous, car cela limiterait l'efficacité du paillage. Enfin, à moins de se fournir en ardoise récupérée, son coût est élevé, environ 10€ pour 20 litres.
En résumé, le paillis d'ardoise peut ne pas être idéal pour un potager mais s'avère parfait pour le jardin d'ornement, apportant une touche esthétique tout en restant recyclable.







