Ce 7 juin, l'Arménie se prépare à vivre une élection cruciale qui pourrait redéfinir son orientation géopolitique. Au cœur de ce scrutin se trouve le Premier ministre sortant, Nikol Pachinian, dont le projet de rapprochement avec l'Occident est remis en question.
Cette élection revêt une significativité rare, tant pour l'Arménie que pour le contexte plus large du Caucase. En effet, Pachinian, qui fêtera ses 51 ans le 1er juin, aspire à un troisième mandat au moment où son pays tente de se libérer de l'influence russe. Depuis la guerre de 2020 et la récente offensive azerbaïdjanaise, l'Arménie a perdu le contrôle sur le Haut-Karabagh, une situation qui a provoqué une onde de choc à travers le pays.
Une enquête commandée par la télévision publique arménienne révèle un soutien en faveur de la politique étrangère de Pachinian, bien que son administration ait été critiquée pour la gestion des négociations avec l'Azerbaïdjan. Une opposition divisée l'accuse d'avoir humilié l'Arménie et de négliger son alliance traditionnelle avec Moscou.
Mais au-delà de cette lutte pour le pouvoir, la campagne électorale est aussi le témoin d'un bras de fer géopolitique. La Russie, qui souhaite maintenir sa sphère d'influence dans la région, s'oppose à une Union Européenne de plus en plus active à Erevan, avec le soutien des États-Unis. Tigrane Yegavian, enseignant à la Schiller International University, indique : « Les élections sont perçues comme un référendum pour ou contre la Russie. »
La douleur des Arméniens face à la perte du Haut-Karabagh, entraînant l’exode de plus de 100 000 civils, ronge encore le tissu national. Ce traumatisme, décrite par les experts comme une défaite existentielle, continuera d'influer sur les choix politiques à venir. Les électeurs se rendent compte que leur choix pourra soit unifier le pays autour d'un projet européen, soit le plonger davantage dans le giron russe.







