Origine, botanique et composition
Le calophylle (Calophyllum inophyllum), souvent appelé tamanu, est un grand arbre tropical de la famille des Clusiacées présent surtout en Asie, dans les îles du Pacifique, à Madagascar et dans quelques régions d'Afrique et d'Amérique. Il produit des fruits drupes dont la noix renferme une amande oleagineuse : pressée à froid, elle donne une huile dense, d'un jaune profond à vert, caractérisée par une odeur épicée rappelant le curry.
Chimiquement, l'huile se distingue par un profil d'acides gras équilibré (acides gras saturés 20–26 %, mono‑insaturés 35–41 % et poly‑insaturés dans des proportions voisines), une teneur notable en vitamine E et en polyphénols. Elle contient également des molécules bioactives comme le calophyllolide (une lactone) et diverses coumarines et xanthones, associés à des propriétés anti‑inflammatoires, antivirales et cicatrisantes.
Vertus médicinales et usages pratiques
Traditionnellement utilisée en Asie et dans le Pacifique pour soigner plaies, brûlures et douleurs, l'huile de calophyllum est aujourd'hui recherchée pour ses effets anti‑inflammatoires et réparateurs. Elle est employée en application locale pour soulager tendinites, entorses, douleurs articulaires et musculaires, le plus souvent en massage pour favoriser la pénétration et la détente des tissus.
Quelques usages courants :
- Massage anti‑douleur : diluer l'huile dans une huile végétale plus fluide (ex. macadamia, jojoba, amande douce) et masser la zone douloureuse. Beaucoup d'huiliers recommandent des formulations contenant 10–20 % d'huile de calophyllum pour assouplir la texture.
- Soins vasculaires et jambes lourdes : associée à des huiles essentielles veinotoniques (cyprès, hélichryse) et utilisée en friction régulière, elle peut améliorer la sensation de jambes lourdes.
Elle montre aussi un intérêt cosmétique : atténuation des cicatrices, actions anti‑âge locales et propriété anti‑microbienne pouvant soutenir la réparation cutanée. Des études et l'usage traditionnel évoquent une activité antivirale utile dans l'accompagnement local du zona, mais l'huile reste un soin complémentaire et non un traitement de première intention.
Précautions d'emploi et conservation
Si l'huile de calophyllum est principalement destinée à un usage externe, certaines parties de l'arbre (feuilles, graines crues) contiennent des composés cyanogènes potentiellement toxiques ; l'ingestion est donc déconseillée. Avant toute application étendue, il est recommandé de faire un test cutané pour détecter d'éventuelles sensibilisations.
Il est prudent de consulter un professionnel de santé (médecin, pharmacien, herboriste) avant d'employer cette huile en cas de grossesse, d'allaitement, de pathologie chronique ou de prise médicamenteuse, afin d'éviter interactions et effets indésirables. En cosmétique et en aromathérapie, respecter les taux de dilution préconisés et éviter le contact avec les muqueuses et les yeux.
Conservation : conservez l'huile au frais, à l'abri de la lumière. Elle peut se solidifier au froid ; pour l'utiliser, réchauffez doucement le flacon sous un filet d'eau tiède ou chauffez une petite quantité entre les paumes.
Commercialisée en pharmacies, herboristeries et magasins bio, l'huile de calophyllum gagne progressivement les formules cosmétiques et les synergies de soins corporels, tout en restant un remède traditionnel puissant qui mérite respect et précaution.







