À l'aune des débats politiques récents, la retraite par capitalisation émerge comme une potentielle solution pour pallier le déficit du système de retraite français. D'après le rapport du Cor publié la semaine dernière, le Premier ministre s'apprête à faire des annonces d'ici la mi-juillet au sujet de cette problématique cruciale.
Qu'est-ce que la retraite par capitalisation ?
Bien qu'encore marginal en France, le système de retraite par capitalisation est déjà opérationnel dans le secteur public, notamment via le RAFP, qui regroupe 4,5 millions de fonctionnaires. Ce modèle, soutenu par le Medef, est envisagé pour réduire un déficit des régimes de pension qui pourrait atteindre jusqu'à 30 milliards d'euros d'ici 2045, selon un rapport de la Cour des comptes.
Contrairement à la retraite par répartition, instaurée en 1945, ce système repose sur l'idée que chaque individu finance sa propre retraite. Au lieu de cotiser pour un fonds commun, comme le système traditionnel, les individus accumulent des cotisations personnelles qui leur sont propres. Bertrand Martinot, économiste, a expliqué dans le podcast "28 minutes" d'Arte que "vous cotisez, mais pour vous, cette cotisation vous appartient". Ce modèle présente ainsi une plus grande incertitude face aux fluctuations économiques, puisque le montant final dépendra des performances des marchés et des choix financiers individuels.
Actuellement, près de 15 millions de Français participent déjà à la capitalisation, incluant plus de 11 millions détenant un plan épargne retraite (PER), une forme courante de capitalisation.
Qui soutient la retraite par capitalisation ?
De nombreux représentants politiques, notamment ceux du centre et de la droite comme Édouard Philippe et Gérald Darmanin, plaident pour une intégration accrue de la capitalisation. Patrick Martin, président du Medef, a affirmé que le régime par répartition est "durablement déficitaire, à bout de souffle". Amir Reza-Tofighi, président de la CPME, renforce cette idée en déclarant dans le Parisien que "pour sauver notre système de retraite, il doit être révisé." Il ajoute que "nous poussons pour une part de capitalisation individuelle obligatoire".
Le conclave sur les retraites doit s'achever aujourd'hui, et la question de la capitalisation sera certainement centrale dans les discussions, d'autant plus que François Bayrou doit annoncer des économies de 40 milliards d'euros pour équilibrer le budget.







