Au cœur des forêts menacées de Bornéo et Sumatra, le militant écologiste franco-indonésien Chanee a trouvé un nouvel allié : un hydravion. Ce développement survient après une période difficile où son engagement pour la protection de l'environnement le mettait en conflit avec les autorités indonésiennes. Aujourd'hui, grâce à son approche novatrice, il fait des vagues dans le domaine de la conservation forestière, séduisant même le ministre des Forêts, Raja Juli Antoni.
Chanee a fondé l'association Kalaweit en 1998, avec pour mission de préserver les singes gibbons et de recueillir des animaux maltraités. Avec le temps, l’objectif de l'association a évolué face à l'accélération de la déforestation causée notamment par les industries de l'huile de palme. Pour pallier cette menace, Kalaweit a commencé à acquérir des terres dans les années 2010, transformant rapidement ces parcels en réserves protégées tout en impliquant les communautés locales.
La transition vers l'utilisation d'un hydravion en 2022 marque un tournant dans leurs efforts. Après avoir suivi une formation de pilote, Chanee a pu survoler des zones de forêts récemment menacées, révélant efficacement les projets d'exploitation illégaux. "Le survol en hydravion nous permet de lutter plus efficacement contre la déforestation illégale," déclare Chanee, soulignant l'importance d'une surveillance accrue. Les premiers résultats sont prometteurs : depuis 2019, l'association a sanctuarisé plus de 3 100 hectares de forêts.
Expansion de la mission : un futur durable
Pour l’année 2026, Chanee projette de fusionner plusieurs réserves forestières sur un total allant de 6 000 à 7 000 hectares. En parallèle, un nouveau projet a vu le jour à Sumatra, visant à établir une réserve de 3 000 hectares en collaboration avec trois ethnies locales sur l'île de Siberut. Ce projet est d'autant plus crucial pour protéger des espèces endémiques comme le gibbon de Kloss.
Le changement climatique et la vigilance politique jouent en faveur de Kalaweit. Selon le ministre Antoni, les récentes inondations à Sumatra, liées à la déforestation, ont engendré une prise de conscience. "Nous devons apprendre de ces catastrophes," a-t-il déclaré, réaffirmant son engagement à protéger les forêts.
Les financements pour ces projets continuent également d'affluer, et Chanee envisage d'acquérir un deuxième hydravion. Cela garantirait une surveillance renforcée sur les terrains sensibles. "Nos activités doivent refléter notre engagement sérieux envers la nature, et cela commence par des moyens logistiques efficaces," conclut Chanee.
Avec un regard tourné vers l'avenir, Chanee et son équipe ne comptent pas abandonner la lutte pour les forêts indonésiennes. "Notre échéance est fixée : d'ici trois ans, ces écosystèmes ne devraient plus craindre les plantations de palmiers à huile," affirme-t-il avec détermination.







