Chez Kering, l’urgence s’appelle Gucci. Ce jeudi 16 avril, le groupe invite les investisseurs à Florence pour une journée stratégique symbolique, car c’est ici que Gucci a vu le jour en 1921. En revenant à ses racines, Kering envoie un message fort : la renaissance de Gucci passera par un retour à l'identité originelle de la marque, une stratégie nécessaire pour raviver l’attrait.
Gucci, qui reste la pierre angulaire de Kering, a connu une dégringolade de ses chiffres d’affaires, passant de 10,5 milliards en 2022 à environ 6 milliards en 2025. Cette situation préoccupe les investisseurs, d'autant plus que l'action de Kering a chuté suite à l’annonce des résultats trimestriels. Comme l’indique un analyste de Bernstein, Luca Solca, "des consommateurs fatigués de l'excès veulent désormais des pièces plus distinctives et moins accessibles".
Dans un climat où la normalisation du luxe semble s’imposer, la difficulté réside désormais dans la capacité de la marque à séduire de nouveau une clientèle exigeante. L’enjeu de la prochaine période pour Kering est clair : convaincre par l’innovation créative.
Luca de Meo, nouveau patron de Kering, n’a pas de passé dans le secteur du luxe mais apportera sans doute une vision renouvelée. Son approche vise à rationaliser et repositionner la marque tout en réduisant la dette.
Le défi se résume à allier chiffres et émotions : "Gucci est une priorité", confie De Meo, "mais il est impératif de jongler avec plusieurs attentes à la fois".
Tom Ford : un héritage toujours présent
Le nom de Gucci est intimement lié à celui de Tom Ford, qui a transformé la marque en une icône culturelle entre 1994 et 2004. Son style audacieux, mélange d'élégance et de provocation, est encore palpable dans l'identité de la maison. À l'heure actuelle, Kering parie sur Demna Gvasalia, le nouveau directeur artistique, qui est déjà à la tâche avec sa vision audacieuse de la marque.
Connu pour ses designs avant-gardistes, Demna doit naviguer habilement entre l'héritage de Gucci et ses innovations contemporaines. Les premiers retours laissent entrevoir un retour à une sensualité importante, semblable à l’époque Ford.
"Ma vision de Gucci repose sur la coexistence de l'héritage et de la mode, où chaque élément nourrit l'autre", affirme Demna, posant ainsi les bases d'une relance ambitieuse.
Francesca Bellettini : une chef d’orchestre talentueuse
Francesca Bellettini, récemment à la tête de Gucci, apparaît comme un atout majeur. Sa solide expérience dans le secteur, en passant par des rôles chez Prada et Kering, fait d'elle une dirigeante reconnue. Elle devra cependant affronter des défis complexes et clarifier l'offre de Gucci tout en restaurant son image.
Comme le souligne Flavio Cereda, directeur des investissements chez GAM, "Gucci détient tous les ingrédients nécessaires pour le succès, mais il faudra les orchestrer avec finesse." Les prochaines étapes seront cruciales pour restaurer la marque et répondre à des clients de plus en plus difficiles à satisfaire.







