Mardi, Kevin Warsh est sur le grill devant les sénateurs américains pour clamer son indépendance, un défi supplémentaire depuis sa candidature influencée par Donald Trump à la présidence de la Réserve fédérale. La commission bancaire doit se prononcer sur sa nomination pour succéder à Jerome Powell dans un mois.
L'audition a débuté à 10H00 locales (14H00 GMT), un moment critique pour M. Warsh, selon David Wessel de la Brookings Institution, qui souligne que c'est l'opportunité pour lui de se présenter en tant que banquier central crédible et autonome.
Dans une récente interview à CNBC, Trump a clairement exprimé ses attentes, affirmant qu'il serait déçu si Warsh n'abaissait pas considérablement les taux d'intérêt de la Fed une fois en fonction.
Warsh a effectivement souligné dans sa déclaration préliminaire que "l'indépendance de la politique monétaire est cruciale", ajoutant que la responsabilité de cette indépendance repose en grande partie sur la Fed elle-même. "Je ne pense pas que cette indépendance soit réellement menacée par les élus discutant des taux d'intérêt", a-t-il affirmé.
Cette affirmation fait écho aux critiques de Trump, qui accuse la Fed de ne pas avoir baissé les taux assez rapidement pour supporter sa politique économique. Warsh a insisté sur le fait que la Fed doit se concentrer sur ses fonctions principales sans se laisser entraîner dans des débats de politique budgétaire ou sociale.
La sénatrice démocrate Elizabeth Warren a soulevé des préoccupations en exigeant un adjournement de l'audition tant que le sort de Powell restait incertain, avertissant que le Sénat ne devait pas devenir un instrument de la prise de contrôle de la Fed par Trump en désignant Warsh comme président.
La situation est compliquée pour Warsh, avec une majorité républicaine fragile au Sénat. Un seul membre de la commission peut faire obstruction à sa nomination; Thom Tillis a déjà annoncé son refus de soutenir Warsh tant que des poursuites visant Powell subsistent.
L'appétit de Trump pour congédier Powell grandit alors même que la nomination de Warsh avance. La Fed, reconnue comme l'institution monétaire la plus influente au monde, confère au président une lourde responsabilité avec un mandat de quatre ans.
En annonçant son choix, Trump avait qualifié Warsh de "soutien évident" pour une politique de taux bas. L'ancien gouverneur, classé parmi les "colombes" des banquiers centraux, penchait davantage vers une approche de croissance que de lutte contre l'inflation.
Cependant, le contexte économique a évolué, avec une guerre au Moyen-Orient faisant grimper les prix, ce qui complique les décisions futures de la Fed. Les membres de la Réserve ont exprimé leur détermination à maintenir les taux stables jusqu'à ce qu'ils évaluent les impacts sur l'économie mondiale.
David Wessel met en garde que Warsh doit jongler avec la délicate attente de Trump sans donner une impression de faiblesse, et qu'il doit être prêt à résister aux pressions du président concernant les taux d'intérêt. "Son approche devra être prudente, car bien des présidents ont perdu leurs têtes dans ce jeu de pouvoir. Warsh devra prouver qu'il peut parler à Trump tout en restant ferme sur ses positions", conclut-il.







