Le préfet de Corse remet en question la légalité d'une subvention de 1,138 millions d'euros allouée par la Collectivité de Corse à l'association Scola Corsa. Selon ses responsables, cette subvention est cruciale, impactant l'avenir de 13 classes et environ 200 élèves, alors qu'ils espéraient un soutien accru de l'État.
Le réseau éducatif, constitué de cinq établissements sur l'île, regroupe 33 enseignants et agents spécialisés. Toutefois, les responsables annoncent que tout le dispositif est en péril. Si la décision administrative se prononce en faveur du préfet, Scola Corsa perdrait une aide publique s'élevant à 1,384 millions d'euros, soit près de 60 % de son budget.
Ce scénario préoccupant découle d'un rapport de la chambre régionale des comptes, selon lequel le préfet évoque des irrégularités via l'article 40 du code de procédure pénale. Eric Jalon, préfet de Corse, soutient que cette aide est « spécifique à la Corse » et jugée « spacieuse » par Scola Corsa, critiquant ainsi un système qui favorise l'enseignement du corse de manière singulière.
Ghjiseppu Turchini, président de Scola Corsa, s'insurge face à cette décision après avoir eu des discussions prometteuses avec ses autorités de tutelle. L'association espérait voir ses ressources humaines croître, en augmentant ses contrats de deux à onze, ce qui aurait permis d'accueillir 280 élèves dès la prochaine rentrée. Turchini rappelle que ce modèle de financement est similaire à celui d'autres écoles immersives à travers la France. « Tous les réseaux linguistiques fonctionnent sur le même schéma, reposant sur plusieurs niveaux de financement public, » déclare-t-il.
Devant l'urgence de la situation, Ghj. Turchini appelle à une réunion impliquant le préfet, les représentants académiques et les élus de la Collectivité de Corse. Une délégation de Scola Corsa a rencontré ce mardi matin les services de l'État au Palais Lantivy à Ajaccio, en présence de nombreux soutiens, dont le député européen François Alfonsi. Les discussions se poursuivent avec l'exécutif de Corse et le recteur de l'Académie, illustrant l'importance cruciale que revêt l'éducation immersive en langue corse.







