Gilles Simeoni, récemment élu maire de Bastia, a officiellement annoncé sa démission de la présidence du conseil exécutif de Corse lors de l’assemblée locale, une décision qui prendra effet ce soir à 23h59. Ce départ marquera la fin de dix années à la tête de la collectivité insulaire, s'accompagnant automatiquement de celle de l’ensemble du conseil exécutif.
Simeoni, ému, a clarifié sa position en évoquant son engagement à éviter un cumul de mandats : "Je cesserai mes fonctions de président pour me concentrer pleinement sur ma nouvelle responsabilité de maire". En parallèle, il a annoncé que la prochaine liste pour le conseil exécutif, qui sera soumise au vote le 4 mai, sera conduite par Gilles Giovannangeli, président de l'Agence de développement économique de la Corse (Adec).
Cette nouvelle équipe devrait être composée des membres actuels, garantissant ainsi une continuité, dans un contexte où le parti autonomiste de Simeoni détient la majorité absolue à l'Assemblée. Il est à noter qu'il restera impliqué dans les discussions relatives à l'autonomie et à la mise en œuvre de réformes devant le Parlement.
Des accusations graves pèsent sur Jean-Felix Acquaviva, conseiller exécutif en fonction, concernant des allégations d'abus. À cela, Simeoni a répondu que ces accusations, lancées de manière anonyme, ne devraient pas perturber le processus politique tant qu'une enquête n’aura pas confirmé leur véracité. En effet, une enquête pour corruption a été initiée par la justice, comme l’a rapporté le procureur de Bastia, Jean-Philippe Navarre.
Le poste de président sera temporairement occupé par Bianca Fazi jusqu'à la confirmation du nouveau conseil. Pour rappel, Gilles Simeoni avait été élu maire de Bastia en 2014, une élection qui avait propulsé sa carrière. Il a exprimé sa volonté d’avoir renforcé le dialogue démocratique en Corse, une société divisée par des conflits anciens.
"Nous avons réussi à avancer vers la paix, même si le chemin est encore long", a-t-il souligné, tout en mettant en lumière le parcours de Gilles Giovannangeli, présenté comme le premier prisonnier politique corse à envisager la présidence du conseil exécutif. À l'âge de 19 ans, Giovannangeli a purgé une partie de sa peine en prison, un passé qui le confronte à des enjeux politiques actuels intenses.







