Le Conseil économique, social, environnemental et culturel de Corse (CESEC) a récemment exprimé son désarroi face à la menace que représente la loi de simplification administrative pour les CESER de l'île. Sa présidente, Marie-Jeanne Nicoli, était l'invitée de la rédaction d'ICI RCFM pour partager ces préoccupations.
Lors de cette entrevue, Jean-Baptiste Filippi, maire de Moncale, a révélé que l'Assemblée de Corse discute actuellement des mesures pour contrer la spéculation sur le marché immobilier. « Avez-vous le sentiment d'avoir servi de modèle ? » demande-t-on à Filippi. Ce dernier répond avec humilité : « Je ne sais pas si on a servi de modèle. Je pense que tout le monde réagit et tous comprennent l'urgence d'offrir aux jeunes insulaires la possibilité d'accéder à la propriété, un droit que nos parents avaient. »
Moncale, un village pittoresque de Balagne, n'échappe pas à la pression immobilière. « Le mètre carré de terrain se vend à 250 euros, » révèle le maire, affirmant que les maisons autrefois accessibles à 100 000 francs atteignent désormais des prix exorbitants. « C'est un problème de dépossession culturelle et identitaire qui touche vraiment notre communauté, » ajoute-t-il, en faisant écho aux préoccupations partagées par Thomas Parisi, sociologue et expert en urbanisme, qui souligne que « la spéculation entraîne une fracture sociale ».
Dans le cadre de la réponse à cette crise, le rapport de l'exécutif de Corse propose un cahier des charges anti-spéculation, similaire à l'initiative prise par Filippi à Moncale. « Aucun de nos projets n'a rencontré de problème sur la question de la préférence accordée aux locaux, » précise-t-il, affirmant que la priorité est donnée aux jeunes originaires du village.
Concernant la mise en œuvre de ces projets, Filippi estime que « l'intervention de l'Office foncier peut être un atout majeur pour faciliter l'accès à la propriété, » car elle apporte les ressources nécessaires pour soutenir les communes dans la gestion des biens immobiliers.
À Moncale, deux lotissements en cours de développement sont déjà une réalité. « Les 18 lots en plaine ont été vendus et de nombreuses maisons seront habitées d'ici la fin de l'année, » assure-t-il. Un signal fort que les efforts déployés par la commune portent leurs fruits.
Les défis demeurent, mais avec des projets concrets et une communauté déterminée, Moncale se positionne en pionnière dans la lutte contre la spéculation immobilière, tout en préservant son patrimoine culturel et social.







