Les disparités de niveau de vie parmi les ménages agricoles en France se révèlent particulièrement inquiétantes. Selon une enquête récente de l'Insee, publiée mercredi, les écarts de richesse sont plus importants que dans le reste de la population active. Les ménages les plus fortunés, notamment en viticulture et en grandes cultures, se distinguent des foyers les plus modestes, situés principalement dans l'élevage de bovins.
Pour l'année 2020, l'étude indique que le niveau de vie médian des membres de ménages agricoles était de 22 700 euros par an, à peine comparable à celui des ménages actifs. Toutefois, l'Insee précise que les 10% des ménages agricoles les plus aisés bénéficient d'un niveau de vie 4,1 fois supérieur à celui de leurs homologues les plus modestes. En Corse, à la Réunion, et en Martinique, cette inégalité atteint même 5,7 en raison des revenus très bas des agriculteurs locaux.
Une situation alarmante en Corse et dans les territoires d'outre-mer
L'écart de niveau de vie est frappant dans certaines zones, où les ménages agricoles aisés profitent d'un niveau de vie exceptionnel, notamment dans des territoires comme l'Île-de-France et le Centre-Val de Loire, réputés pour leur production agricole intensive. En contrepartie, les agriculteurs pratiquant des activités telles que l'élevage ou le maraîchage affichent des revenus souvent inférieurs à ceux des autres ménages actifs.
Les statistiques révèlent que 16,3% des ménages agricoles vivent en dessous du seuil de pauvreté, soit 3,5 points de plus que la moyenne nationale. Ce chiffre grimpe à 42,1% à La Réunion, 31,4% en Martinique et 30,0% en Corse. Les seules régions où les agriculteurs constatent un taux de pauvreté inférieur à la moyenne des ménages actifs sont l'Île-de-France, les Hauts-de-France et le Grand Est.
L'étude menée en collaboration avec l'Agreste montre également que la variabilité du niveau de vie parmi les ménages agricoles est plus marquée d'une année à l'autre par rapport à l'ensemble des ménages actifs, en raison des aléas climatiques et des impacts économiques globaux. Les experts soulignent que cette situation mérite une attention accrue pour évaluer les politiques publiques nécessaires à l'atténuation de ces inégalités.







