Depuis la fermeture quasi totale du détroit d’Ormuz il y a plus de deux mois, "The Economist" a publié une série d'infographies révélant les impacts économiques globaux, allant des pénuries de carburant à la flambée des prix des pistaches.
Cette fermeture, selon les experts, constitue l'un des plus grands chocs énergétiques de l'histoire. Malheureusement, aucune solution ne semble en vue, plongeant les économies mondiales dans l'incertitude. Revenons sur ces conséquences en détail.
Pétroliers transitant par le détroit d’Ormuz, par semaine
En temps normal, environ 1 500 navires pétroliers transitent chaque mois par ce détroit stratégique. Toutefois, en avril, ce chiffre n'était plus que de 180, représentant un manque de 12 % de la consommation mondiale de pétrole. Chaque mois supplémentaire de fermeture représente également 2 % de la consommation annuelle de gaz naturel liquéfié qui fait défaut.
Détroit d'Ormuz, exportations de pétrole brut par destination
Avant la guerre, près de 85 % du pétrole exporté du détroit était dirigé vers l'Asie. La fermeture a entraîné une augmentation spectaculaire des prix du pétrole, atteignant des niveaux records dans des régions comme le Pakistan et les Philippines, où les réserves étaient déjà faibles.
Importations de GPL par pays
Le GPL, essentiel pour la cuisine dans de nombreux pays d'Asie, a vu son approvisionnement fortement perturbé. En Inde, où le GPL représente 90 % de la consommation, les restaurants signalent déjà des fermetures en raison de pénuries.
Usines de semi-conducteurs : impact
Le secteur électronique fait également les frais de ce conflit. Par exemple, l'usine qatari de Ras Laffan, qui fournit un tiers de l’hélium mondial utilisé dans la fabrication de semi-conducteurs, a dû fermer, menaçant ainsi la production en Corée du Sud et à Taïwan.
Pénuries alimentaires et hausse des prix
Les agriculteurs dans des pays comme le Kenya et l’Ouganda, qui dépendent en grande partie des engrais importés du Golfe Arabo-Persique, sont désormais confrontés à des hausses de prix insoutenables, menaçant la sécurité alimentaire dans la région.
Les gouvernements européens réagissent en multipliant les aides et réductions fiscales sur les carburants pour atténuer les conséquences économiques sur leurs citoyens. Cela reste toutefois une solution temporaire face aux profondes perturbations du marché.
Alors que le conflit se prolonge, les experts s'accordent à dire que les répercussions actuelles ne sont que le début d'une série d'effets à venir. La lutte pour retrouver un équilibre économique durable sera longue et complexe.
Pour plus de détails, consultez les articles liés à cette analyse.







