Cela pourrait être une excellente nouvelle pour de nombreux exportateurs britanniques. Presque dix ans après le vote du Brexit, l'UE et le Royaume-Uni s'apprêtent à conclure un nouvel accord, souvent désigné en 2021 sous le terme de « guerre des saucisses », comme l'a rapporté le Guardian.
À partir de l'été 2027, les nouvelles mesures convenues, comme l'a révélé le gouvernement britannique sur son site, faciliteront le commerce des produits végétaux ainsi que de nombreux produits alimentaires, y compris la viande et les produits laitiers.
Un litige à l'origine d'un bras de fer entre Macron et Johnson
Si cet accord est ratifié, possiblement lors d'un sommet prévu mi-juillet, il mettra fin à une discorde qui a exacerbé les tensions entre l'UE et le Royaume-Uni. En 2021, Boris Johnson ne cessait de souligner les obstacles que rencontraient les exportateurs britanniques pour approvisionner l'Irlande du Nord en produits comme les saucisses, à cause de lourdeurs administratives.
Le protocole nord-irlandais, intégré à l'accord de Brexit, maintient cette province au sein du marché unique européen, entraînant des contrôles douaniers pour les biens arrivant d'Angleterre. Pour Johnson, cela revenait à interdire la vente de certains produits à destination de Paris, ce qui a provoqué une vive confrontation avec Emmanuel Macron. Ce dernier lui avait rétorqué que la comparaison n'était pas pertinente, créant des remous dans la diplomatie britannique, comme l'a rapporté le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab.
« Imaginez si nous parlions de régions d'autres pays comme des nations distinctes. Cela nécessite un minimum de respect », a-t-il pointé.
Suppression des certificats vétérinaires
Malgré que le Royaume-Uni n'ait pas toujours appliqué les contrôles dédiés, l'UE a maintenu une approche stricte, imposant notamment des vérifications sur la totalité des importations. Cependant, un assouplissement pourrait être envisagé avec l'instauration de ce nouvel accord. Cela signifierait notamment la réduction des formalités administratives — comme la suppression des certificats vétérinaires nécessaires pour exporter des produits comme le fromage ou la viande rouge, comme le souligne le Guardian.
Les entreprises exportatrices seront également exemptées des exigences en matière d'étiquetage phytosanitaire pour l'Irlande du Nord. Les contrôles demeureront par contre pour d’autres produits venant d’horizons divers.
5 milliards de livres supplémentaires pour l'économie britannique
Bien que les détails exacts de l'accord n'aient pas encore été révélés, cette mesure serait d'ores et déjà saluée par des figures du secteur agroalimentaire. La ministre de la biosécurité a affirmé qu'il s'agissait d'une belle avancée pour les entreprises britanniques ayant cessé d'exporter, estimées à environ 16 000, depuis le Brexit à cause de la complexité administrative.
« Cela permettra de fluidifier nos transactions et allégera les coûts alimentaires pour les ménages », a-t-elle précisé. D'après des estimations, cet accord pourrait injecter jusqu'à 5,1 milliards de livres sterling dans l'économie britannique.







