Ce jeudi 11 juin, les députés ont adopté en première lecture une proposition de loi qui pourrait conduire à une augmentation des bourses attribuées sur critères sociaux. Ce texte doit désormais être examiné par le Sénat.
Cette décision est une lueur d’espoir pour les étudiants en situation de précarité. La députée de la Seine-Saint-Denis, Soumya Bourouaha, membre du groupe GDR (communistes et ultramarins), a déclaré que cette initiative vise à redynamiser un dispositif qui, selon elle, "ne remplit plus son rôle historique" de "démocratisation de l’enseignement supérieur". Elle a rappelé que la bourse est l’une des rares aides sociales à n’avoir pas bénéficié d'une revalorisation automatique depuis 2013, alors que le coût de la vie étudiante a augmenté de près de 30 %.
La proposition de loi prévoit non seulement une indexation annuelle automatique, au minimum sur l'inflation, mais aussi un ajustement du versement sur une base annuelle, permettant aux étudiants de recevoir leur aide "12 mois sur 12" au lieu de 10.
Des étudiants toujours plus précaires
Selon une étude d'Ipsos d’avril 2026, presque 90 % des étudiants en difficulté disposent de moins de 800 € de ressources mensuelles. Près de la moitié d'entre eux survivent avec moins de 400 €, et après déduction des dépenses essentielles, 69 % n'ont plus que 100 € par mois, dont une grande partie doit se contenter de moins de 50 €.
À Montpellier, la troisième ville étudiante de France, la situation n’est guère meilleure. L'association 1cabaspour1étudiant a mené une étude révélant que 23 200 étudiants vivent sous le seuil de pauvreté, comme le rapporte le Métropolitain.
Le texte a été approuvé par une large majorité de voix, y compris celles des groupes de gauche et du Rassemblement national. Cependant, les députés des partis Renaissance, Horizons, Les Républicains et UDR (groupe d’Eric Ciotti) se sont abstenus, invoquant le "coût pour les finances publiques", estimé à plus de 500 millions d’euros, selon le ministre Philippe Baptiste. La proposition de loi reste à l'ordre du jour pour l'examen au Sénat.







