Mardi 16 juin, la Banque de France a annoncé une révision significative de ses prévisions économiques pour 2026. Après une contraction inattendue du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre, l'institution s'attend à une stagnation pour le deuxième trimestre de cette année.
Selon les nouvelles projections, la croissance pour 2026 est estimée à 0,5 % du PIB, bien en deçà de l'estimation précédente de 0,9 % publiée en mars. En parallèle, le gouvernement continue d'espérer une croissance de 0,9 % pour cette même année, tandis que le FMI a récemment revu ses prévisions à la baisse, de 0,9 % à 0,7 %.
Le rapport souligne que plusieurs facteurs ont contribué à cette révision. « Le prix du pétrole a enregistré une hausse plus marquée que prévu, et l'activité économique s'est révélée moins résiliente que prévu au premier trimestre 2026 », a déclaré un représentant de la Banque de France.
Les experts estiment que l'incertitude internationale, comme l'annonce d'un possible accord-cadre entre les États-Unis et l'Iran, n'a pas été intégrée dans ces prévisions. Le ministère de l'Économie a répondu en indiquant que ces données ne prennent pas en compte les récentes annonces de cessez-le-feu au Moyen-Orient, un événement que certains voient comme un potentiel catalyseur de relance pour l'économie française.
« Il est essentiel de reconstruire la confiance collective, car c'est la clé pour soutenir durablement la croissance », a indiqué le ministre Roland Lescure.
« rebond » en 2027 et 2028
La Banque de France prévoit également une hausse de l'inflation pour 2026, s'attendant à un taux de 2,5 %, en raison notamment de l'augmentation des prix de l'énergie, contre 1,7 % précédemment estimé. Dans ses projections à moyen terme, l'institution anticipait un « rebond » de la croissance à 0,9 % en 2027 et 1,2 % en 2028, soutenu par un redressement de la consommation des ménages et des investissements des entreprises.
D'un autre côté, la Banque centrale européenne (BCE) a également ajusté ses prévisions, tablant sur une inflation de 3 % dans la zone euro en 2026 et une croissance de 0,8 %.
dégradation du déficit
L'institution française exprime des préoccupations quant à l'évolution des finances publiques. Le déficit public pourrait légèrement se dégrader en 2026, atteignant 5,2 % du PIB, en l'absence de mesures d'économies supplémentaires, après un taux de 5,1 % en 2025. Il est à craindre que cette situation limite la stabilisation du ratio de la dette, qui devrait progresser pour atteindre 122 % du PIB d'ici 2028.
Une enquête réalisée par la Banque de France auprès de 8 500 chefs d'entreprise a révélé un ralentissement notable de l'activité dans plusieurs secteurs, bien que certains chefs d'entreprise prévoient une légère amélioration lors du mois de juin.







