Le ralentissement de l'augmentation des prix de l'énergie, particulièrement des produits pétroliers, a allégé l'inflation générale en France qui est repassée sous la barre des 2 % en juin. Cette tendance suscite l'espoir d'éviter une récession prochaine.
Les prix à la consommation ont progressé de 1,8 % sur un an en juin, marquant un ralentissement significatif par rapport à l'augmentation de 2,4 % observée en mai, selon les données préliminaires publiées mardi par l'Insee.
Face à une série d'indicateurs économiques peu encourageants, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a vu dans ces chiffres "le signe d'une reprise", bien que les analystes demeurent prudents. "C'est une bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat des Français", a-t-il réagi en exprimant un certain optimisme sur BFMTV.
Cette diminution de l'inflation est attribuée à la baisse des prix de l'énergie, notamment suite à l'accord de paix annoncé le 17 juin au Moyen-Orient, ainsi qu'à un ralentissement dans les coûts des services et de l'alimentation, souligne l'Insee.
Les chiffres définitifs de l'inflation pour le mois de juin seront publiés le 10 juillet. Toutefois, bien que la hausse des prix de l'énergie semble ralentir, ces derniers restent en forte progression par rapport à l'année précédente, avec une hausse de 11,2 % en juin après 16,6 % en mai.
Le prix à la pompe des carburants comme le gazole et le SP95-E10 a chuté sous la barre des deux euros le litre. Cependant, ces prix demeurent supérieurs de plus de 10 % par rapport à leur niveau avant le début du conflit au Moyen-Orient, qui avait provoqué une flambée des tarifs à cause du blocage du détroit d'Ormuz, un passage clé pour les hydrocarbures mondiaux.
- La récession évitée ? -
Mathieu Plane, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), a qualifié cette situation de "bouffée d'oxygène" sur le plan économique, notant qu'elle est intervenue plus rapidement que prévu. "Nous n'avons pas encore observé le mécanisme de transmission de l'inflation à l'ensemble de l'économie", a-t-il ajouté, exprimant l'espoir d'échapper à la récession après un recul de 0,1 % du PIB au premier trimestre.
De plus, les dépenses de consommation des ménages en France ont montré une légère augmentation en mai, de 0,5 % sur un mois et de 0,3 % sur un an. Ces dépenses sont toutefois en grande partie tirées par la hausse des coûts de l'énergie, après un mois d’avril particulièrement chaud.
Malgré ces signes encourageants, le climat économique global reste inquiétant. Selon Maxime Darmet, économiste chez Allianz Trade, la croissance pour 2026 pourrait n'atteindre que 0,4 ou 0,5 %, le moral des ménages et le climat des affaires étant à des niveaux très faibles. "Cela indique une économie en phase de cycle faible, où les entreprises manquent de flexibilité pour augmenter leurs prix", a-t-il déclaré.
En outre, les experts d'ING France estiment que le chiffre de l'inflation de juin est "artificiellement tiré vers le bas" à cause de la période des soldes, anticipant une nouvelle montée des prix dans les mois à venir. La revalorisation du Smic prévue pour le 1er juillet pourrait également exercer une pression à la hausse sur les prix des services.
Enfin, l'inflation alimentaire est susceptible d'augmenter progressivement, les hausses des prix de l'énergie ayant un impact retardé sur les denrées alimentaires, signalent les analystes.







