Près d'un million de sans-papiers en Espagne ont jusqu'à la fin de la journée pour soumettre leurs demandes dans le cadre du plan de régularisation lancé par le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez. Initié en avril dernier, ce dispositif vise à faciliter la situation administrative des migrants.
Les autorités espagnoles, selon les prévisions, auront trois mois pour traiter ces demandes et décider de l'octroi d'un permis de séjour et de travail exclusivement valable en Espagne. "Ce plan a pour objectif de bénéficier à près de 500 000 personnes", principalement des migrants latino-américains déjà présents sur le territoire, comme l'indique une déclaration gouvernementale.
Juana Hernandez, une Cubaine de 59 ans résidant à Madrid, exprime son enthousiasme : "C'est une grande opportunité pour nous tous". Arrivée il y a deux ans et demi, elle a investi environ 200 euros dans les services d'un avocat pour l'aider dans ses démarches administratives, tout en bénéficiant du soutien d'associations d'aide aux migrants. Elle a récemment reçu une notification confirmant la recevabilité de son dossier.
À ce jour, environ 360 000 demandes ont été jugées recevables sur 900 000 formulées, selon des sources gouvernementales rapportées par l'AFP. Les demandeurs doivent prouver une présence d'au moins cinq mois sur le sol espagnol au 1er janvier et justifier d’un passé judiciaire vierge pour être éligibles.
Dans la région de Cantabrie, un jeune Marocain de 23 ans, Mohamed, qui vit en Espagne depuis quatre ans, témoigne d'une expérience administrative relativement fluide. Désireux de régulariser sa situation pour travailler légalement, il espère échapper à l'exploitation courante dont souffrent de nombreux travailleurs migrants.
Pedro Sánchez a mis ce plan de régularisation au cœur de sa politique sociale, bien qu'il traverse une période turbulente marquée par des accusations de corruption. Lors d’un sommet européen récemment, il a souligné que ceux qui vivent et contribuent à l'économie espagnole "méritent les mêmes droits que tout citoyen", une position qui a suscité des échos positifs dans le milieu économique.
Toutefois, cette initiative ne manque pas de créer des controverses. L'opposition de droite, notamment le parti d'extrême droite, a vivement critiqué ce plan, le qualifiant d'"insensé" et de source d'une "invasion migratoire". Dans le contexte actuel, où la question de l'immigration alimente les débats publics en Espagne, ce plan a été adopté via un décret royal, une démarche qui a permis de bypasser un vote parlementaire traditionnel.
Ce décret fait suite à une pétition soutenue par plus de 600 000 citoyens et 900 associations, revendiquant une régularisation exceptionnelle pour tous les migrants en situation irrégulière en Espagne. Dans ce pays, une porte d'entrée majeure de l'immigration en Europe, environ 37 000 migrants irréguliers sont entrés en Espagne en 2025, un chiffre toutefois en chute de 42,6 % par rapport à l'année précédente, selon le ministère de l'Intérieur.







