Lors de son intervention, Vincent Jeanbrun a souligné l'urgence de la situation, affirmant qu'il y a "une réelle nécessité en termes d'offres" dans le secteur immobilier français. Le ministre a également précisé qu'il présentera un projet de loi la semaine prochaine pour faire face à cette crise croissante.
Selon l'Observatoire des inégalités, quatre millions de Français se déclarent mal logés. D'autre part, une enquête d'Odoxa réalisée en novembre dernier a révélé que 70% des Français estiment difficile de trouver un logement qui leur convienne.
"En 10 ans, nous avons perdu 10m² de pouvoir d'achat" a déclaré Vincent Jeanbrun. "De nombreux jeunes actifs se retrouvent à dormir dans leur voiture, faute d'un logement adéquat. Mon texte vise à provoquer un choc d'offre."
Pour concrétiser cet objectif, le ministre a constitué ce qu'il appelle "l'équipe de France du logement", incluant des architectes et des promoteurs immobiliers. Ce groupe a fait émerger la nécessité de construire deux millions de logements en France d'ici 2030, un défi considérable à l'heure où les municipalités peinent à répondre aux demandes de logements.
Une attention particulière sur les logements énergivores
Malgré les ambitions de construction, le ministre a assuré qu'il n'était pas question de compromettre la protection des sols. L'une des propositions clés concerne les passoires thermiques, qui bénéficieront d'un sursis. Vincent Jeanbrun a ajouté :
"Nous avons 700.000 logements classés G ou F qui pourraient être exclus du marché locatif d'ici 2028. Plutôt que de les retirer, nous donnerons la possibilité aux propriétaires de continuer à louer, à condition qu'ils s'engagent à des travaux de rénovation.”
Cette approche vise à éviter que des locataires ne soient expulsés tout en les incitant à améliorer leurs lieux de vie, dans le contexte d’une réforme de MaPrimeRénov' qui a subi des coupes financières récemment.
Vincent Jeanbrun a exprimé son souhait de ne pas encourager des travaux incomplets, mais plutôt des rénovations plus substantielles, ce qui pourrait, néanmoins, rallonger les délais nécessaires à la mise en œuvre de ces améliorations, tandis que la problématique des passoires thermiques se rappelle cruellement en période de canicule.
"Tous les logements doivent être repensés face aux vagues de chaleur extrêmes. Nos normes actuelles ne sont pas adéquates" a-t-il ajouté.
Actuellement, 43% des Français se logent dans des logements énergivores, et le ministre insiste sur l'importance d'adopter de meilleures pratiques pour gérer les fortes chaleurs, notamment en ce qui concerne la ventilation et l'utilisation des fenêtres.







