Après des annonces contradictoires, les nouveaux droits de douane de Donald Trump entreront en vigueur ce mardi 24 février à un taux de 10 %. Cette nouvelle réglementation vise à remplacer les taxes précédemment annulées par la Cour suprême et impacte les accords commerciaux avec les principaux partenaires des États-Unis. Bloomberg rapporte qu'un décret est en préparation pour augmenter ce taux à 15 %.
Il est important de noter que ce nouveau tarif de 10 % ne remplace pas les droits de douane spécifiques, qui varient entre 10 % et 50 % sur divers secteurs comme l'automobile et le cuivre. Ces mesures ont été omises de la récente décision judiciaire qui a invalidé une partie des surtaxes appliquées par Trump après son retour à la présidence.
Les importations en provenance du Canada et du Mexique, dans le cadre de l'accord de libre-échange nord-américain (ACEUM), ne subiront pas ces nouveaux tarifs. Les autorités douanières ont déclaré que la collecte des anciens droits retoqués cesserait à partir de mardi à minuit, tandis que les nouveaux tarifs de 10 % seraient immédiatement appliqués.
Un taux effectif moyen de 13,7 %
Pour justifier cette décision, Trump se fonde sur une législation de 1974 lui permettant d'intervenir sur les tarifs douaniers en cas de déséquilibre commercial avéré. Selon le Budget Lab de l'Université de Yale, ces droits pourraient porter à 13,7 % le taux effectif moyen sur les produits importés, une diminution par rapport aux 16 % précédents.
Au bout de 150 jours, l'administration devra obtenir l'approbation du Congrès pour maintenir ces nouveaux droits. Trump a récemment exprimé sa volonté de porter les droits à 15 %, affirmant que cela s'appuie sur une analyse minutieuse de la décision de la Cour, qu'il a jugée profondément insatisfaisante.
Ce décret temporaire sera en vigueur jusqu'au 24 juillet, peu avant les élections de mi-mandat, où les démocrates pourraient potentiellement reprendre le contrôle de la Chambre des représentants. Ces droits ne peuvent être imposés qu'en cas de constatation d'un important déséquilibre dans la balance des paiements entre les États-Unis et leurs partenaires commerciaux.
Un déficit commercial stable malgré les tarifs
Elaborant sur le sujet, il est constaté que le déficit commercial américain avec l'Union européenne a atteint 236 milliards de dollars en 2024, tandis que le déficit global de la balance des paiements s'élevait à environ 70 milliards d'euros, selon la Commission européenne. La Cour suprême a également invalidé certains droits de douane basés sur une loi de 1977, soulignant que le gouvernement n'avait pas prouvé une urgence économique.
Les droits de douane en question dépassaient les 130 milliards de dollars en 2025, et les entreprises se voient déjà confrontées à des plaintes comme celle de FedEx, qui a attaqué le gouvernement. Malgré leur but affiché de rétablir l'équilibre commercial, le déficit continu de croître remet en question l'efficacité de ces mesures.
Donald Trump visait également à générer davantage de ressources pour l'État fédéral dans le cadre de baisses d'impôts, bien qu'il ait modéré certains aspects de sa politique tarifaire en permettant des exceptions sur des produits non fabriqués aux États-Unis.







