En toute discrétion, entre les deux tours des municipales, Matignon se penche sur la question des arrêts de travail. Le 19 mars, quatre ministres ont été convoqués pour discuter des stratégies de régulation, tandis que la première réunion s'est tenue le 4 mars dernier.
L'ordre du jour se résume à la "régulation des arrêts de travail", mais aucun commentaire n'a été fait à ce sujet. Cependant, Matignon a précisé à BFM Business qu'il s'agit de la suite d’une réflexion à long terme sur la question. Une source syndicale s'inquiète des intentions cachées, se demandant : "Que vont-ils bien pouvoir nous sortir du chapeau ?" Soulignant l’intérêt du ministre pour des économies supplémentaires sur les indemnités journalières.
Dépenses exorbitantes en 2024
Le timing de cette réunion coïncide avec un rapport de la Direction de la Sécurité sociale (DSS) sur l'état des finances de la Sécu. Le déficit a atteint 21,6 milliards d'euros en 2025, dont 15,9 milliards pour la branche maladie. Selon la Caisse nationale de l'Assurance maladie (Cnam), 10,9 milliards d'euros ont été versés aux assurés pour des indemnités journalières en 2024, représentant une augmentation de 36% par rapport à la période précédant la crise du Covid-19.
Les ministres se penchent également sur un décret afin de limiter la durée des arrêts à 30 jours, avec un maximum de deux mois pour les renouvellements, comme prévu dans la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026. D’après les prévisions, ce texte devrait être publié en juillet et appliqué à partir de septembre 2026.
"Peut-être qu'ils préparent le terrain sur le projet de loi anti-fraudes", évoque une source proche du dossier.
Le débat sur ce texte, qui a suscité l'opposition de divers acteurs du système de santé, notamment les opticiens et certains médecins, devrait reprendre après les élections municipales.
Matignon, pour l'instant, refuse de commenter ces discussions sur la régulation des arrêts de travail. En coulisses, des rumeurs persistent concernant l'initiative de Sébastien Lecornu pour introduire de nouvelles mesures d'économie qui pourraient ne pas être populaires parmi les ministres concernés.







