Ce mardi, le tribunal d'Ajaccio accueillera le procès de deux hommes soupçonnés d'avoir été les auteurs d'incendies criminels ciblant des établissements liés à Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse. Ces individus, l'un d'eux étant associé à une bande criminelle locale, clament leur innocence.
Les faits remontent à la nuit du 4 au 5 décembre 2022, durant laquelle deux bars-restaurants à Corte, les établissements Bama et 24, ont été réduits en cendres. Le premier bar est géré par le fils de Gilles Simeoni, ce qui a attiré l'attention sur ces attaques. Peu après l'incendie, un véhicule blanc volé a été repéré sur des images de vidéo-surveillance quittant le site, avant d'être vu au garage Mercedes d'Ajaccio, où huit voitures ont subi le même sort.
Jean-André Miniconi, propriétaire de ce garage et ancien président de la Chambre de commerce, a exprimé ses inquiétudes quant à la nature politique potentielle de ces attaques. À l'instar de Miniconi, certains chercheurs en criminologie évoquent la possibilité de rivalités politico-économiques au sein de la région. Lors de récentes enquêtes, il a également été révélé que le garage de Miniconi avait déjà été une cible, précédé d'un incendie pour lequel une condamnation avait eu lieu en 2020.
Kevin Ornec, 39 ans, et Mourad Amar, 30 ans, font face à des charges lourdes incluant la destruction en bande organisée et le transport de produits incendiaires. Ornec est déjà bien connu des services de police, ayant plusieurs mentions à son casier judiciaire et étant lié à des groupes criminels notoires, comme le révèle un rapport du Sirasco sur les activités criminelles en Corse.
Les défenseurs des accusés contestent fermement les éléments matériels du dossier, considérant que les preuves vidéo pourraient être mal interprétées. Ils évoquent également les circonstances entourant une blessure subie par Ornec, prétendant qu'il s'agit d'une brûlure accidentelle due à des flamants lors de la préparation de plats flambés, une explication rapportée au cours de l'enquête.
Le contexte du procès oscille entre des motivations criminelles et politiques, soulevant des interrogations parmi les experts en criminologie. « La seule vérité qui m'importe, c'est d'identifier les commanditaires de ces actes », déclare Miniconi, appelant à une enquête plus profonde. À la veille du procès, les tensions restent palpables en Corse, où de multiples affaires criminelles continuent de préoccuper les autorités.
En janvier 2023, Gilles Simeoni a lui-même évoqué des menaces pesant sur lui, bien qu'aucune plainte n'ait été déposée, ajoutant une couche de mystère à cette affaire complexe.







