Au fil des investigations concernant l'assassinat de Mehdi Kessaci, survenu le 13 novembre 2025, la théorie d'un acte d'intimidation semble se dissiper. Son frère, Amine, militant anti-mafia et maintenant adjoint à la mairie de Marseille, est apparu comme véritablement visé par les assassins.
Les enquêteurs de la Police judiciaire, sous la houlette du tout nouveau Parquet national anti criminalité organisée (PNACO), affirment désormais avec conviction qu’Amine Kessaci était la cible des tireurs, et non son jeune frère Mehdi, abattu alors qu'il conduisait une Audi Q3 près d'une pharmacie dans le 4e arrondissement de Marseille.
Plusieurs mois d'enquête approfondie ont ainsi écarté la première hypothèse d'un crime « à l’italienne » : « Si ce n’est pas toi, ce sera donc ton frère. » Une source policière a commenté : « La théorie d'une méprise devient de plus en plus crédible », en soulignant les détails de l'embuscade mortelle visant Mehdi. Cette réévaluation découle d'une vaste opération menée en mars, où de nombreux complices liés au repérage et à l’exécution ont été interpellés.
Des préparatifs minutieux
Le jour du drame, Mehdi ignorait qu’il était à quelques secondes de la mort alors qu'il stationnait le véhicule dans une zone ciblée par les tueurs, eux-mêmes à une distance de 60 mètres sur une moto. Plutôt que d'utiliser une balise, les assassins ont opté pour une méthode plus sophistiquée : ils ont envoyé un message de livraison sur le portable de Mehdi, croyant s'adresser à Amine. Cet appel l'a conduit directement vers le lieu de l’attaque.
Amine confondu avec son frère ?
Cette confusion peut être expliquée par le fait qu'Amine est le seul abonné de la ligne familiale, rendant les communications intrafamiliales floues pour les assaillants. En pensant appeler Amine, le commando s'adressait en fait à Mehdi.
L’assassinat a été capturé par une caméra de surveillance, montrant les tireurs tirer à trois reprises, mettant en lumière la forte ressemblance entre les deux frères. Des experts en criminologie, cités par Le Monde, signalent que cette hésitation de l’auteur pourrait avoir contribué à la méprise fatale.
Amine Kessaci, dans une interview accordée à La Provence le 20 avril, a réagi à ces développements en déclarant : « En me visant, on a voulu atteindre la République, l’état de droit, la démocratie. »
Les forces de l'ordre continuent de rechercher les commanditaires derrière ce meurtre. Amine Oualane, surnommé « Mamine », précédemment acquitté pour un double assassinat, est de nouveau convoqué devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône pour un homicide. Bien qu'il ait le profil du « commanditaire idéal », il n’a pas encore été mis en examen pour cette affaire. Des sources judiciaires soulignent que la preuve est essentielle pour établir une accusation valable.
La situation évoque une fois de plus la complexité du crime organisé en France, où la frontière entre ciblage personnel et méprises mortelles est souvent floue.







