Jacky et François Bartoli, respectivement maires de Zonza et de Conca, font l'objet d'une enquête approfondie liée à la liquidation judiciaire de la paillote La Siesta située à Conca. Le procureur de Bastia, Jean-Philippe Navarre, a annoncé qu'ils seront jugés à la fin du mois de juin pour plusieurs infractions, dont abus de faiblesse, banqueroute et blanchiment.
Cette enquête a été ouverte après un signalement du préfet de la Corse du Sud en juin 2024 et s'inscrit dans un contexte juridique compliqué. Selon les autorités, la liquidation judiciaire a été précipitée par des actions menées par François Bartoli, qui a été accusé d'avoir organisé frauduleusement son insolvabilité pour échapper à des dettes, notamment celles envers l'État en raison de l'occupation illégale du domaine public maritime.
Le procureur souligne que cette situation aurait été facilitée par un ensemble de détournements d'actifs qui auraient profité à des proches et à des entreprises dans lesquelles Jacky Bartoli avait des intérêts. Ce mécanisme aurait même permis la réouverture de la paillote sous une nouvelle entité, dénommée Battina, suspectée d'être gérée par un prête-nom.
Insolvabilité frauduleuse et détournements d'actifs
Les éléments de l’enquête montrent que des manœuvres ont eu lieu dès la fin de l'année 2023 afin de créer une insolvabilité apparente, évinçant ainsi des créances en cours. Des actions suspects comme la cession de la parcelle de la paillote ont également été observées, mettant en lumière une vulnérabilité du vendeur.
Le tribunal correctionnel de Bastia a convoqué les deux maires pour faire face à ces accusations le 24 juin. Actuellement sous contrôle judiciaire, ils doivent s'acquitter de cautions de respectivement 20 000 et 30 000 euros. De plus, trois autres individus sont également impliqués dans cette affaire et devront répondre des mêmes chefs d'inculpation. Cette affaire constitue désormais un sujet de préoccupation majeure pour les autorités locales et pour la population, selon un commentaire d'un expert juridique interrogé par France 3 Corse.







