Le conseil de prud’hommes de Limoges a confirmé la décision de licencier pour faute grave Damien Tabard, un chauffeur d’autocar scolaire, dont les agissements avaient suscité des débats passionnés parmi les parents d’élèves.
Damien Tabard, qui a exercé le métier de chauffeur pendant 17 ans, a vu son licenciement, prononcé par l'entreprise Europ Voyages en 2022, être validé par la justice. En effet, il avait contesté cette décision, arguant qu’il avait simplement voulu aider les jeunes à atteindre leur domicile en toute sécurité en les déposant directement devant chez eux, ce qui constitue, selon lui, un acte bienveillant.
Licencié en 2022, il a vu son recours rejeté après quatre ans de procédures juridiques. Les juges ont considérablement pris en compte l’argumentation de son employeur qui insistait sur l'importance de suivre scrupuleusement l’itinéraire fixé ainsi que le nombre d’arrêts autorisés pour garantir la sécurité des enfants.
Un geste mal compris
Le chauffard, lors de son procès, avait défendu sa stratégie en articulant que ses actions, bien qu’en dehors du règlement, ne modifiaient en rien l’itinéraire principal. "Cela ne me faisait pas changer d’itinéraire. Ces pratiques étaient tolérées par le passé", a-t-il affirmé. Une de ses justifications était de répondre aux besoins d’une élève vivant à plusieurs centaines de mètres de son arrêt, dans une zone à risque.
Toutefois, Europ Voyages a renforcé sa position en présentant cette flexibilité comme une forme d’insubordination, insistant sur le respect strict des règles.
Une décision sans appel
Au cours de l'audience qui a eu lieu en janvier 2025, une vingtaine de parents d’élèves étaient présents pour soutenir leur chauffeur, une initiative saluée par plusieurs médias tant pour son ampleur que pour sa détermination. Néanmoins, cela n'a pas suffi à influencer le verdict du conseil de prud’hommes, qui a conclu à une insubordination.
Suite à ce jugement, Damien Tabard a décidé de ne pas faire appel. À l’issue de cette affaire, des ajustements ont été apportés aux arrêts de car de la région pour assurer une meilleure sécurité pour les enfants, mettant en lumière la nécessité d’un équilibre entre compassion et respect des règlements professionnels.
Des experts en droit du travail, interrogés par Le Parisien, soulignent l’importance cruciale de respecter les directives d’entreprise, tout en appelant à une réévaluation des politiques en matière de sécurité et d’assistance aux élèves.







