Quatre individus ont été arrêtés et mis en examen le mercredi 17 juin pour des accusations d'abus de confiance, de travail dissimulé et de blanchiment d'argent. Au cœur de l'affaire se trouve l'association Les Pelloux, qui offre un accueil aux mineurs et jeunes adultes en difficulté.
Le procureur de la République de Mende, Valéry Morron, a révélé dans un communiqué les avancées d'une enquête judiciaire ouverte contre l'association Les Pelloux. Cette structure d'hébergement médico-social, établie à Mende et Saint-Martin-de-Lansuscle (Lozère), est suspectée d'avoir détourné des fonds publics.
L'enquête a été déclenchée suite à un signalement de la Direction départementale des finances publiques (DDFIP) de la Lozère, qui indiquait des risques avérés de détournement de l'argent public au profit des dirigeants de l'association. Un groupement de gendarmerie a été chargé des investigations, qui ont conduit à des "indices graves et concordants", entraînant l'ouverture d'une information judiciaire depuis le 27 avril 2026 pour abus de confiance, travail dissimulé, blanchiment aggravé de fraude fiscale et entrave au contrôle des établissements sociaux.
Quatre personnes interpellées
Le 15 juin, une opération judiciaire coordonnée par la brigade de recherches de Mende a conduit à l'arrestation de quatre personnes. Après leur garde à vue, elles ont été présentées à la justice le 17 juin, où elles ont été mises en examen et placées sous contrôle judiciaire strict.
Selon les premiers rapports d'investigation, un couple mis en cause aurait indûment perçu plus d'un million d'euros des fonds destinés au fonctionnement de la structure d'accueil. De surcroît, une société civile immobilière leur appartenant aurait bénéficié de plus de 210 000 euros perçus à tort. Les enquêteurs estiment également qu'au-delà de 1,1 million d'euros de cotisations sociales dues à l'URSSAF ont été éludées, tandis qu'environ 520 000 euros de revenus ont échappé à l'administration fiscale. Au total, ces infractions sont désormais évaluées à plus de 2,1 millions d'euros.
D'importantes saisies patrimoniales
Afin de prévenir toute dissipation des actifs, les enquêteurs ont effectué une vaste saisie, récupérant près de 200 biens, dont quatre véhicules, divers équipements électroportatifs, des vélos électriques, ainsi que de nombreux objets de valeur. La possibilité de les vendre avant jugement sera également étudiée avec les services de l'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC).
Pour assurer la continuité des soins et de l'accompagnement pour les personnes vivant dans la structure, le tribunal judiciaire a été sollicité afin de nommer d'urgence un mandataire judiciaire pour gérer l'association.
Un second dossier similaire en Lozère
Cette affaire est la deuxième de son genre en Lozère, puisque les dirigeants d'une autre structure, Harmonie, gérée par l'association Coup de Pouce, seront jugés le 2 juillet 2026. Ils sont également soupçonnés d'avoir détourné plus de 300 000 euros de fonds alloués à la prise en charge d'enfants mineurs.







