Le 25 mai 1990, un audacieux braquage se déroule dans une succursale de l'UBS à Genève, où cinq malfaiteurs armés réussissent à s'introduire sans effraction. Ils neutralisent les gardiens et subtilisent une somme astronomique : environ 31 millions de francs suisses, soit plus de 20 millions d'euros. Le plan a été orchestré par Michel Ferrari, mari d'une secrétaire de l'agence, qui a fait appel à des membres du tristement célèbre gang corse de la Brise de mer.
Jean-Paul N., expert en criminalité financière, souligne que ce braquage révèle une planification méticuleuse. "Les voleurs avaient accès à des informations cruciales sur la sécurité de la banque, signalant une complicité interne très préoccupante". Les malfaiteurs se sont enfuis dans deux voitures immatriculées en France après avoir pris le soin de maîtriser leur environnement, laissant derrière eux des preuves éparpillées sur le sol de la banque.
Suite à ce coup, UBS propose une récompense de 3 millions de francs suisses pour démasquer les auteurs. Un entrepreneur niçois, Georges, finit par dénoncer Michel Ferrari, qui sera arrêté le 29 mai. Aux interrogatoires, il avoue avoir impliqué Laurent et Sébastien, complices travaillant à la banque, et évoque un plan qui s'est progressivement corsé. La méthode de Ferrari pour contourner la sécurité évoque même les pratiques du banditisme organisé traditionnel, ce qui a conduit à des suspicions sur un réseau plus vaste.
Les analyses ultérieures ont montré que le gang de la Brise de mer, actif dans le milieu criminel depuis les années 1980, a su frapper là où cela faisait le plus mal, témoignant de leur expertise en matière de braquages. "Ils étaient audacieux et n’hésitaient pas à frapper fort", explique le journaliste spécialisé en criminologie, Jacques Monnet.
Le procès qui s’est tenu en 2004 à Paris a vu les accusés acquittés, malgré des éléments qui laissaient peu de place au doute. L'absence de preuves tangibles et de témoins directs a permis à ces criminels aguerris d'échapper à la justice. Alors que Richard Casanova, un des dirigeants du gang, restait en fuite, il est évident que le travail d'enquête a nécessité une approche plus fine.
En définitive, une question demeure : que sont devenus les millions volés ? Selon certaines sources, une partie aurait été investie dans des entreprises prospères en Corse durant les années 1990, créant un lien indéniable entre le banditisme et des activités légales, comme l'explique le sociologue Pierre V. dans ses recherches sur l'économie criminelle.
Ce braquage a non seulement marqué l’histoire criminelle de Genève, mais a aussi laissé une empreinte durable sur le paysage du banditisme français, où la Brise de mer a su maintenir une réputation redoutable pendant des décennies, comme l'indiquent plusieurs analyses historiques sur le sujet.







