Israël a officiellement annoncé, le 1er janvier, l'interdiction d'accès à la bande de Gaza pour 37 organisations non gouvernementales (ONG) internationales. Cette décision repose sur des accusations selon lesquelles ces ONG n'ont pas fourni la liste des noms de leurs employés, une exigence stipulée dans une nouvelle réglementation que les autorités israéliennes jugent essentielle pour des raisons de sécurité.
Le ministère israélien de la Diaspora et de la lutte contre l'antisémitisme a précisé : "Les organisations qui ne respectent pas les normes de sécurité et de transparence verront leur licence suspendue". L'objectif affiché est d'assurer que les employés des ONG ne possèdent aucun lien avec des groupes considérés comme terroristes, notamment le Hamas.
Cette décision ne manquera pas d'avoir des conséquences dramatiques sur les soins de santé et l'aide humanitaire à Gaza. Médecins du Monde, parmi les organisations touchées, a exprimé sa profonde inquiétude. Jean-François Corty, son président, a déclaré : "Des dizaines de milliers de consultations et de chirurgies ne pourront plus se faire, entraînant une perte massive pour la population de Gaza."
Cette interdiction soulève également des réactions dans le monde entier. Selon un rapport récent de Le Monde, de nombreuses voix critiques craignent qu'un tel mouvement ne mène à une aggravation de la crise humanitaire déjà présente dans cette région. Les Navetteurs de l’Amitié, une ONG basée à Toulouse, ont déclaré que cette mesure pourrait aboutir à une "amnésie collective sur les besoins des populations les plus vulnérables".
Les experts alertent sur le fait que restreindre l'accès des ONG signifie non seulement couper des services essentiels, mais également miner les efforts internationaux pour pacifier la région. Au-delà des aspects humanitaires, cette situation pourrait également exacerber les tensions politiques, rendant plus difficile tout avenir de dialogue entre les acteurs locaux et israéliens. Comme l'a souligné l'analyste politique Rami Khouri sur Haaretz, cette décision pourrait être considérée comme un pas en arrière dans les relations déjà tendues entre Israël et la communauté internationale.







