Une récente affaire judiciaire audacieuse a révélé comment un détenu a orchestré un réseau de livraison de drogue depuis sa cellule, un fait qui met en lumière les défis posés par l'utilisation de drones dans les établissements pénitentiaires. Le parquet de Bordeaux a exprimé son inquiétude face à ce phénomène grandissant, venant d'annoncer que cette situation était préoccupante.
En moins de deux semaines, le tribunal correctionnel de Bordeaux a traité sa deuxième affaire de trafic de drogue via drones. Le 5 mars, deux hommes et deux femmes avaient été condamnés, et le 10 mars, cinq autres prévenus se sont présentés devant la justice. Ces derniers sont soupçonnés d'avoir joué divers rôles au sein d'un réseau complexe reliant Agen, Gradignan (Gironde), la Corrèze, et le Tarn-et-Garonne.
Le leader présumé, un détenu de 23 ans, a pris le contrôle des opérations depuis le centre de détention d'Uzerche, où il purgait une peine pour trafic de drogue. Des écoutes téléphoniques ont révélé qu'il donnait des instructions aux livreurs sur les quantités et les prix des drogues livrées par air. En dépit des preuves accablantes, il a nié avoir dirigé le trafic, affirmant simplement qu'il servait les clients.
Sayah Miladi a été condamné à cinq ans d'emprisonnement. Keny Tedesco, un récidiviste, a reçu une peine de deux ans ferme pour son rôle de livreur et fournisseur. Un autre jeune homme a écopé de trois ans, dont deux avec sursis, pour son rôle d'auxiliaire dans le trafic.
Les livraisons, qui pouvaient atteindre jusqu'à 15 par jour, rapportaient des sommes considérables aux livreurs, certains déclarant des gains allant jusqu'à 250 euros par livraison. Une femme de 38 ans, impliquée dans le réseau, a été condamnée à 24 mois, dont 18 avec sursis, après avoir avoué faire des livraisons pour obtenir de la cocaïne.
Un syndicat pénitentiaire a dénoncé « l'incapacité de l'administration à garantir une réelle étanchéité ».
Cette affaire souligne les difficultés croissantes rencontrées par les autorités pour contrer l'usage des drones dans les prisons. Le prix d'acquisition de ces engins a beaucoup baissé, les rendant largement accessibles, ce qui complique davantage la situation. Un membre de FO-Pénitentiaire a exprimé son inquiétude : "Ce sont essentiellement des téléphones et de la drogue, mais que se passera-t-il lorsque ce sera une arme ?" se demande-t-il.
Pour faire face à ces défis, des matériels de détection et de brouillage ont été intégrés aux prisons depuis 2021. Cependant, le syndicat UFAP-Unsa-Justice a critiqué le rythme de l'installation de ces technologies. Le gouvernement a prévu d'allouer 2,5 millions d'euros pour la mise en place de systèmes anti-drone, mais beaucoup estiment que c'est insuffisant.
Alors que la menace des drones continue de croître, cette affaire souligne l'urgence d'agir pour garantir la sécurité au sein des établissements pénitentiaires, notamment face à un phénomène qui pourrait bien évoluer vers des situations encore plus périlleuses.







