Aurélie B., ex-trésorière de la célèbre enseigne de prêt-à-porter, Kiabi, a été remise en liberté sous bracelet électronique après avoir été accusée d'un détournement de 100 millions d'euros. Trois mois après sa libération, les investigations se poursuivent sur cette fraude, révélée à l’été 2024, qui a profondément secoué l'entreprise.
Interpellée en août 2024 à son arrivée sur l'aéroport de Figari (Corse-du-Sud), Aurélie B. a passé un an et demi en détention provisoire. Ses avocats, David Apelbaum et Salomé Lemasson, ont préféré ne pas commenter la situation actuelle, laissant planer un voile de mystère sur les événements qui ont conduit à son arrestation.
Dans une tournure inattendue, l'ex-compagnon de la trésorière, Clément D., a également été concerné par cette affaire. Mis en examen pour blanchiment d'argent organisé, il est actuellement sous contrôle judiciaire. Selon les sources, sa signature figure sur un document d'une société américaine suspectée d'avoir été impliquée dans l'achat de biens immobiliers à Miami, un détail qui ouvre la voie à d'autres lignes d'enquête.
De l'argent parti vers la Turquie
L'affaire a débuté en juillet 2024, lorsque Kiabi a cherché à récupérer un investissement de 100 millions d'euros placé dans une banque allemande. Ce montant, initialement investi pour générer des intérêts, avait mystérieusement disparu à l'été 2024. L'ancien trésorier, entre-temps, s'était établit à Miami, exacerbant les craintes de détournement.
Les enquêteurs de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) s'attachent maintenant à retracer le parcours de ces fonds, qui auraient transité vers la Turquie, renforçant ainsi l’ampleur de cette escroquerie.
Un accord entre la banque allemande et Kiabi
Plus récemment, la banque allemande impliquée a annoncé avoir trouvé un accord avec Kiabi, bien que les détails de cet arrangement restent confidentiels. Kiabi a confirmé cet « accord transactionnel », affirmant que cela représente un tournant crucial dans leurs efforts pour recouvrer les fonds détournés. “Cette signature constitue une étape clé dans le recouvrement des biens et la poursuite des actions”, a déclaré un porte-parole de Kiabi, tout en réaffirmant son soutien aux autorités compétentes.
Selon des documents consultés, Aurélie B. aurait utilisé les fonds détournés pour acquérir trois propriétés à Miami, en passant par des sociétés écran, avec des transactions s'élevant jusqu’à 18,5 millions d'euros. Ces biens ont été revendues l'année dernière, et les enseignes espèrent récupérer jusqu'à 20 millions de dollars lors d'une audience prévue en juin prochain.
Cette affaire met non seulement en lumière les vulnérabilités financières des entreprises, mais soulève également des questions cruciales sur la sécurité des fonds dans le secteur du luxe. L'impact de cette fraude pourrait bien avoir des répercussions durables sur l'image de Kiabi et son fonctionnement.







