Nicoled Daedone, cofondatrice de OneTaste, une société américaine spécialisée dans la « méditation orgasmique », a été condamnée récemment à neuf ans de prison pour travail forcé. Son associée Rachel Cherwitz, ancienne directrice des ventes, a reçu une peine de six ans et demi. Cette affaire soulève de graves accusations d'exploitation de femmes vulnérables.
Reconnaissant leur culpabilité en juin 2025, Nicole Daedone a fait l'objet d'une enquête approfondie menée par les procureurs fédéraux. Ces derniers ont établi que OneTaste, fondée en 2004 à San Francisco, opérait sous le vernis d'une mission féministe tout en utilisant des méthodes d’exploitation. Comme le rapportent les médias, le fonctionnement de l’entreprise a conduit les femmes à se livrer à des actes sexuels avec des clients, souvent sous la contrainte psychologique et économique.
Un « piège » justifié par une prétendue mission féministe
Joseph Nocella, procureur fédéral du district Est de New York, a déclaré : « La coercition déguisée en bien-être reste de l’exploitation, causant des préjudices considérables aux victimes ». Une des victimes a qualifié le parcours créé par Daedone d'« un piège imprégné d'une fausse mission féministe », laissant de graves séquelles financières et émotionnelles.
Au cours du procès, l'accusation a proposé une peine maximale de vingt ans pour la dirigeante, qui a fait face à de nombreuses accusations après que plusieurs femmes ont pris la parole sur leurs expériences traumatisantes au sein de l'entreprise. Daedone, âgée de 58 ans, n’avait jusqu’alors jamais eu d’antécédents judiciaires. Plus de 200 lettres de soutien ont été rédigées en sa faveur, parmi lesquelles celles de figures publiques comme Van Jones et Richard Schiff.
L'ancienne directrice des ventes également condamnée
Après le jugement, les avocats de Daedone ont annoncé leur intention de faire appel, tandis qu'elle enseignait déjà la méditation aux autres détenues dans son centre de détention à Brooklyn. Un de ses avocats a ajouté qu'ils essaieraient d’obtenir une grâce présidentielle pour elle et Rachel Cherwitz, qui a également été condamnée pour son rôle dans cette affaire.
Exploitation masquée derrière la quête de liberté
OneTaste ne se contentait pas de promouvoir la sexualité féminine ; elle prétendait que les actes sexuels exercés par ses employées étaient essentiels pour atteindre une forme de « liberté » et d’« illumination ». Avec des techniques controversées, la société offrait des séances où les femmes étaient caressées durant des périodes prolongées. Les profits générés par ces sessions ont été controversés, l'entreprise ne tenant pas ses promesses financières envers les participantes.
Nicole Daedone avait cédé ses parts de OneTaste en 2017 pour 12 millions de dollars, juste avant que l attention ne se focalise sur les pratiques de l'entreprise. Les nouveaux dirigeants mentionnent que les activités de leur prédécesseur ont été mal interprétées et que les accusations portées contre eux ne reflètent pas la réalité de leurs intentions. Alors que l'affaire continue d'évoluer, elle soulève des questions cruciales sur l'éthique dans le secteur du bien-être.







