La réunion sur la carte scolaire de Haute-Corse, tenue le 31 mars, a exacerbé les tensions dans le système éducatif local. Les syndicats, unis dans leur refus, ont unanimement rejeté la proposition de la direction académique, dans le cadre d'une grève nationale visant à défendre les postes et les moyens pour l'éducation. Fabien Mineo, secrétaire du SNUipp-FSU, a souligné que le projet inclut 19 fermetures contre seulement 5 ouvertures et la création de pôles d'appui à la scolarité (PASS), qui sont également contestés. « Nous voulons des enseignants en classe, face aux élèves », a affirmé Pierre-Paul Paolantonacci, représentant du STC Educazione. Selon les syndicats, cette situation n’offre aucune réponse concrète aux besoins éducatifs du territoire.
Des fermetures contestées, des arbitrages jugés incohérents
Les fermetures proposées touchent plusieurs établissements, notamment à Vivario, Santa-Maria-Poggio, et plusieurs maternelles à Bastia. À l’école Jean-Toussaint-Desanti de Bastia, près de 190 élèves sont nécessaires pour maintenir une classe, tandis que des mesures de fermeture localisées soulèvent des doutes quant à leur cohérence. Fabien Mineo a mentionné des situations similaires à San Giuliano et Santa-Maria-Poggio, soulignant l'incompréhension des parents face aux décisions jugées arbitraires.
Villages, quartiers populaires et besoins spécifiques
Les inquiétudes sont vives au sein des communautés rurales, où la fermeture d'écoles représente une menace pour le tissu social local. Dans le village de Vivario, Nathalie Sérès, directrice de l’école, a indiqué : « Les parents sont inquiets, mais restent mobilisés, car l’école est essentielle à la vie du village ». À Santa-Maria-Poggio, les familles expriment leur désarroi face à ce qu'elles perçoivent comme une mauvaise évaluation des besoins de l'établissement. Des parents dénoncent le manque de classes adaptées aux effectifs, affirmant que « les enfants ne sont pas des chiffres ». Lors d’une mobilisation récente, Nadia Olivieri, mère d’un enfant en situation de handicap, a dénoncé la suppression d’un poste d’enseignant spécialisé, craignant des conséquences aggravées pour les enfants souffrant de troubles tels que le TDAH.
Suite au rejet de la carte scolaire, une nouvelle réunion est prévue le 9 avril, impliquant le préfet, les syndicats et les fédérations de parents d'élèves. Pierre-Paul Paolantonacci a exprimé son espoir en la mobilisation : « C’est la mobilisation qui fera la différence ». Les syndicats considèrent que le projet discuté n’a plus de valeur politique, et l’avenir de l’éducation en Haute-Corse reste en jeu.







