Invité de l'émission PuliticaMente sur RCFM, Paul-Félix Benedetti, récemment élu maire de Sartène, a partagé ses réflexions sur sa victoire et la stratégie de son mouvement, Core in Fronte. À l'occasion de son entretien, il a fait le point sur l'alliance fructueuse avec Femu A Corsica, qui a marqué une étape déterminante pour le mouvement nationaliste en Corse.
Récemment investi maire de Sartène, Benedetti revient sur son parcours électoral. Ses résultats actuels contrastent avec ses précédentes tentatives, où il avait à peine atteint les 6% des voix lors des élections municipales de Bastia. Cette fois, il a su rassembler une coalition large, allant des nationalistes aux libéraux, en passant par les partis de gauche. Sa victoire est aussi le fruit d'une alliance stratégique avec Femu A Corsica, semblable à celle qui a porté Gilles Simeoni à la tête de Bastia aux côtés d'Hélène Beretti, sa sœur et membre de Core in Fronte. Toutefois, cette dynamique s'est étendue à Ajaccio, où sa famille, notamment Davia Benedetti, a réussi à obtenir une place au conseil municipal, illustrant ainsi la force du clan.
L’union « à nos conditions… »
Selon Benedetti, l’union avec Femu A Corsica a clairement porté ses fruits. Il a déclaré : « Nous étions proches de l'extinction, cette alliance est une mesure de sauvegarde pour le mouvement national corse. J'espère que ceux qui se sont écartés de notre voie réfléchiront à leur position. » Il incite ceux qui souhaitent quitter la sphère politique nationaliste à le faire sans détour, critiquant le retour vers des comportements clanistes. Fort de son succès, il se montre ouvert aux prochaines élections, en particulier les territoriales de 2028, tout en précisant que toute alliance future devra se faire selon des conditions précises, dans un cadre de partage des responsabilités.
Autonomie, le match est fini
Les élections territoriales pourraient arriver plus rapidement que prévu si les réformes institutionnelles avancent. Cependant, Benedetti est désabusé par les retards répétés, qualifiant cette situation de non-respect des engagements pris envers les Corses. Il souligne : « Mon travail est achevé, une fois que nous avons validé un projet de révision constitutionnelle pour doter la région autonome corse de compétences. Nous avons choisi la voie de l'apaisement, mais les institutions françaises semblent nous ignorer. » Pour celui qui se dit prêt à changer de perspective face à l'État, il conclut : « Si l'autonomie se concrétise tant mieux, sinon nous réévaluerons notre rapport de force avec l'État. »
Dans cette émission, Benedetti a également abordé des enjeux locaux, notamment la gestion municipale à Sartène et les projets au sein de la communauté de communes Sartenais Valincu Taravu, où il aspire à renforcer l'impact politique de sa commune dans les élections à venir.







