L'Iran a exécuté au moins 1 639 personnes en 2025, un chiffre sans précédent depuis 1989, selon un rapport publié le 13 avril par les ONG Iran Human Rights et Ensemble contre la peine de mort. Cette augmentation dramatique de 68 % par rapport à 2024 inclut 48 femmes, et se produit dans un contexte de tensions accrue avec Israël et les États-Unis.
Les statistiques révèlent une serious escalation dans le recours à la peine capitale en Iran, un outil généralement utilisé pour asseoir le pouvoir des autorités face à la dissidence. L’organisation norvégienne Iran Human Rights et son homologue parisienne ECPM signalent que si cette tendance se poursuit, les exécutions pourraient être utilisées encore davantage comme moyen de répression. Selon leurs estimations, le chiffre des 1 639 exécutions ne représente qu'un "minimum", avec plus de quatre exécutions par jour constatées.
Les ONG attirent l'attention sur le sort de nombreux manifestants, rapportant que des centaines d’entre eux risquent toujours la peine de mort suite aux violences qui ont marqué les manifestations de janvier 2026. Les autorités iraniennes, en intensifiant les exécutions, semblent vouloir "semer la peur" pour dissuader de nouvelles révoltes, selon Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de l'IHR.
« Semer la peur »
Dans un climat de répression intense, les exécutions ont été justifiées par le gouvernement comme des mesures nécessaires pour maintenir l'ordre. Amiry-Moghaddam a souligné que depuis le début des hostilités avec Israël et les États-Unis, l'Iran a déjà procédé à plusieurs pendaisons en lien avec les manifestations populaires. En outre, les groupes marginalisés, dont les minorités ethniques comme les Kurdes et les Baloutches, subissent une pression disproportionnée, souvent ciblés par ce type de répression violente.
Le rapport des ONG indique que près de la moitié des condamnations étaient liées à des infractions sur les drogues. Notons également que 48 des exécutées étaient des femmes, un chiffre en hausse de 55 % par rapport à l'année précédente. Parmi elles, plusieurs ont été exécutées pour avoir tué un proche, un fait qui met en lumière la complexité des cas traités par le système judiciaire iranien.
Bien que la majorité des exécutions aient eu lieu dans les prisons, il a été observé une hausse des exécutions publiques, qui ont triplé en un an. Amnesty International souligne que l'Iran est l'un des pays au monde avec le plus grand taux d'exécutions par habitant, se plaçant juste après la Chine, où les données sont moins accessibles.
Cette situation déplorable continue de susciter des appels à l'action de la part des organisations de défense des droits de l'homme internationales, qui appellent les pouvoirs en place à respecter le droit à la vie et à mettre fin à l'utilisation de la peine capitale comme moyen de gouvernance.







