Le Premier ministre canadien Mark Carney se trouve à un tournant décisif, alors qu'il pourrait obtenir, ce lundi, sa majorité parlementaire, un an après son accession au pouvoir. Cette victoire lui ouvrirait les portes nécessaires pour accélérer les réformes, dans un contexte économique délicat face aux États-Unis.
Trois élections partielles se déroulent en Ontario et au Québec, où les candidats du Parti libéral de Carney sont donnés largement favoris dans deux circonscriptions, tandis que la troisième se joue dans un mouchoir de poche. Les résultats sont attendus peu après la fermeture des bureaux de vote à 20h30 (00h30 GMT mardi).
Une victoire dans deux des trois circonscriptions garantirait aux libéraux la majorité absolue au Parlement. Ancien banquier central, Carney avait créé la surprise l'année dernière en remportant les élections législatives, malgré l'absence d'une majorité claire pour son parti. Une majorité obtenue ce lundi pourrait lui donner une assise solide jusqu'en 2029.
Malgré un léger vent défavorable après une décennie de gouvernement Trudeau, Carney a su convaincre les Canadiens grâce à son discours et son expérience en gestion de crises. "Nous sommes au milieu d'une transformation qui va redéfinir le pays pour les générations à venir", a-t-il déclaré devant ses partisans ce week-end, les appelant à dépasser les clivages.
Ramon Ponce, retraité et électeur au Québec, souligne que cette majorité "va renforcer un peu la position" de Carney dans le monde actuel. Les électeurs, comme Jeyaram Duraisingam à Toronto, impressionnés par le programme de la candidate libérale Danielle Martin, louent également la combativité de Carney face à la politique de Donald Trump.
Le retour de Trump au pouvoir a suscité des inquiétudes croissantes chez les Canadiens, particulièrement avec l'impact de ses droits de douane sur des secteurs vitaux tels que l'acier et l'automobile. L'économie, bien qu'épargnée par la récession, a vu le chômage grimper à 6,7%, et de nombreux emplois se perdre dans les secteurs exposés aux restrictions commerciales.
Malgré cela, Carney a réussi à mobiliser le soutien autour de lui. La politologue Geneviève Tellier de l'Université d'Ottawa note que "sa volonté de rassembler fonctionne", soulignant que dans une période de forte polarisation politique, il parvient à démontrer son ouverture au dialogue.
Selon un sondage Nanos, Carney est le Premier ministre préféré de 54% des Canadiens, contre seulement 23% pour son rival conservateur, Pierre Poilievre. Cependant, la question du pouvoir d'achat reste un épée de Damoclès pour lui, alors que les préoccupations concernant le coût de la vie augmentent, surtout parmi les Canadiens à faibles revenus, avec plus de 40% d'entre eux signalant des pressions financières.







